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    Saakachvili prédit à la Russie une fin malheureuse et rapide

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    Mercredi soir, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a accordé une interview exclusive à la chaîne Roustavi-2, qui avait diffusé la veille l'interview du premier ministre russe Dmitri Medvedev, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Mercredi soir, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a accordé une interview exclusive à la chaîne Roustavi-2, qui avait diffusé la veille l'interview du premier ministre russe Dmitri Medvedev, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les appréciations de la guerre d'août 2008 et des perspectives des relations russo-géorgiennes du président géorgien étaient contraires aux propos de Medvedev, ce qui n'est pas surprenant.

    Saakachvili a pris le taureau par les cornes en annonçant que Medvedev avait menti dans toutes ses réponses. Le président géorgien estime que la guerre était inévitable, parce que pour la première fois un Etat moderne était apparu dans l'espace postsoviétique – la Géorgie – et c'était devenu un cauchemar pour Vladimir Poutine. A l'époque d'Edouard Chevardnadze, explique Saakachvili, les ministres géorgiens étaient nommés par Moscou et menaient une politique imposée, par conséquent il n'y avait aucun besoin d'une guerre. Après la victoire de la révolution des roses cette pratique avait cessé et la Russie, ayant perdu le contrôle de la Géorgie, a commencé à se préparer à la guerre. "C'est Condoleezza Rice qui m'en avait parlé", a déclaré Saakachvili.

    Contrairement aux convictions de Moscou, le président géorgien affirme avoir cherché à rencontrer les dirigeants russes pour négocier et apaiser la tension. Mais en vain. Saakachvili "téléphonait à Medvedev, mais tombait sur Poutine". Mais la conversation ne passait pas avec lui. Selon Saakachvili, Poutine l'aurait insulté à plusieurs reprises. Avant la guerre, il avait voulu expliquer à Poutine que l'Occident était indigné par l'escalade de la tension dans la région, où la Russie a projeté des forces militaires supplémentaires et adopté de nombreuses résolutions.

    "A quoi Poutine m'a suggéré de mettre mes lettres où je pense… C'est exactement ce qu'il a dit. Evidemment, j'étais choqué, se souvient Saakachvili. J'envoyais des lettres à Poutine pour exprimer ma préoccupation vis-à-vis de la crise intergouvernementale, mais il  répondait qu'il n'y avait aucune crise. Il s'est simplement moqué de moi. J'étais l'agneau et il était le loup… D'où le conflit. Seules la diplomatie et la 6ème flotte américaine ont stoppé la Russie. Qui pourrait croire Medvedev qu'il n'avait pas voulu prendre Tbilissi? Bien sûr qu'il le voulait. Les Russes l'avaient annoncé. Leur objectif final visait à anéantir la Géorgie, ils l'avaient dit à Condoleezza Rice.

    Les Américains l'ont cru et la première chose qu'ils avaient proposée était mon évacuation", a déclaré Saakachvili.

    Ayant conscience de l'inévitabilité d'une guerre imminente, le président géorgien a proposé à la Russie de légitimer l'aéroport de Soukhoumi, la base militaire de Goudaouta, les sites à Gagra et Pitsounda, il était même prêt à renoncer à l'idée d'adhérer à l'Otan. "Mais ils ont aussi rejeté cette proposition" a déclaré Saakachvili en soulignant que Medvedev l'évitait ouvertement et le contact avec Poutine était définitivement perdu. Et il a fallu contrer l'agression de la Russie, dont les conséquences sont lourdes. "La Russie a pratiquement anéanti l'Ossétie du Sud en tant qu'entité : il n'y a plus d'habitants à Tskhinvali, seules les forces d'occupation sont sur place.

    En Abkhazie, 30% sont des Abkhazes… Les mensonges que la Russie n'a rien à voir – c'est du tournage en rond", a souligné Saakachvili.

    Selon lui, pour normaliser les relations avec la Russie la nation géorgienne doit "renoncer à une partie importante de son territoire, renoncer au développement, à l'espoir d'un avenir et même à son choix intérieur". Mais la Géorgie n'a pas besoin de cela. Ni du marché russe, dont l'ouverture pour les produits géorgiens a été présentée par Moscou comme un grand honneur qu'il avait fait à la Géorgie. "Le vin exporté en Russie n'assurera que 0,1% du budget… Le gouvernement doit sortir sur d'autres marchés, on peut se passer du marché russe. Ce pays a une économie mourante qui subit une récession. La Géorgie se développait rapidement sans le marché russe, c'est un fait", a déclaré Saakachvili. Selon lui, la Russie terminera son chemin historique bien pire que l'Union soviétique.

    Les experts de Tbilissi se sont refusés à tout commentaire à propos de l'interview du président. L'un d'eux a fait remarquer : "Dieu merci, il ne sera plus là à partir d'octobre, sinon il aurait entraîné le pays dans un autre malheur".

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