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    Les anneaux olympiques (Archives)

    Boycott des JO: les perdants ne sont pas ceux que l'on croit

    © RIA Novosti . Mikhail Mokrushin
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    Aucun dirigeant dans le monde n'a soutenu l'idée d'un boycott des Jeux olympiques de Sotchi par solidarité avec les homosexuels en Russie. Cela ne signifie pas que ce thème passera aux oubliettes, écrit vendredi 16 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Aucun dirigeant dans le monde n'a soutenu l'idée d'un boycott des Jeux olympiques de Sotchi par solidarité avec les homosexuels en Russie. Cela ne signifie pas que ce thème passera aux oubliettes, écrit vendredi 16 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Jusqu'au début des Jeux il sera soulevé par les organisations des droits de l'homme, comme c'était le cas du problème tibétain avant les JO de Pékin, et certains hommes politiques (par exemple, certains sénateurs américains) marqueront des points sur ce terrain.

    Dans toute histoire de ce genre, chacun joue son propre rôle. Il y a le pays d'accueil des Jeux avec des ambitions globales. Pour son élite dirigeante, les JO sont une démonstration du potentiel national, la revendication de son rôle dans le monde moderne qui change.

    Il y a des pays tels que les USA, le Royaume-Uni et l'Allemagne, dont les dirigeants souhaitent un partenariat avec de nouveaux acteurs ambitieux dans divers secteurs. Ils ne veulent aucunement offenser ou humilier les élites dirigeantes de ces pays. Mais il est important pour eux de souligner que la question de la reconnaissance ou non du bien-fondé des ambitions de quelqu'un dépend toujours d'eux.

    Il existe un ensemble de normes juridiques et politiques qui, de l'avis général, sont respectées dans les pays dont dépend cette reconnaissance, et pas vraiment respectées dans les pays qui y prétendent.

    Enfin, il y a les militants des droits de l'homme et les activistes civils parmi les écrivains, les acteurs, les réalisateurs et les musiciens qui, en fait, constituent la tribune du débat publique.

    Ils créent un prétexte pour une pression politique, tout en restant indépendants des élites dirigeantes de leur pays. Les politiciens peuvent simplement survoler le problème et piocher ce qui leur est profitable quand cela leur est profitable.

    Le pays hôte des JO souhaite que le jeu de rôle décrit ci-dessus se déroule le plus lentement et mollement possible. Dans ce sens, on ignore pourquoi le gouvernement russe a adopté la loi contre la propagande homosexuelle d'un contenu douteux, discriminatoire en pratique, qui ne règle aucun problème mais, au contraire, en crée. Et ce, juste avant les JO 2014 de Sotchi.

    Si les auteurs de cette loi cherchaient à marginaliser le thème de l'homosexualité, ils ont obtenu l'effet inverse: l'espace public russe n'avait jamais autant parlé des gays et des lesbiennes, et l'image de la Russie dans le monde comme d'un bastion de l'homophobie ne s'était encore jamais dessinée aussi nettement. Les hauts fonctionnaires russes sont contraints d'assurer auprès de la communauté internationale que les homosexuels ne seront pas oppressés à Sotchi s'ils n'harcèlent pas les enfants, ce qui est à mille lieues du discours d'un pays qui revendique l'appartenance au club des puissances mondiales. L'orientation sexuelle des athlètes olympiques ne préoccupait personne; ce sera désormais un sujet central. La Russie elle-même a tout fait pour hisser le drapeau arc-en-ciel au-dessus de la ville olympique de Sotchi.

    Quoi qu'il en soit, l'idée du boycott de l'Olympiade est en soi vicieuse. Les Américains et leurs alliés avaient boycotté les JO de Moscou de 1980, et quatre ans plus tard les athlètes de l’URSS et des pays du camp socialiste ont refusé de se rendre à Los Angeles.Les élites politiques soviétiques ou américaines en ont-elles souffert? A peine.

    C'est toujours les spectateurs qui souffrent du boycott des événements sportifs, car ils ne pourront pas assister aux performances des meilleurs athlètes du monde. Et surtout, les boycotts font du tort aux athlètes. Pour beaucoup d'entre eux, les JO sont l'objectif ultime, leur vie est construite comme une succession de cycles de quatre ans. En cas de boycott, tous les sportifs se retrouvent perdants. Certains parce qu'ils n'arrivent pas à réaliser leur rêve, d'autres parce que leur titre de champion est dévalorisé, car il n'est pas obtenu en affrontant les plus forts.

    Il faut évoquer et combattre la discrimination. Mais il ne faut le faire au détriment de ceux qui n'ont rient à voir avec cette discrimination.

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