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    Début du procès de Bo Xilai en Chine

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    Le procès de Bo Xilai, ex-membre du politburo du Comité central du Parti communiste chinois et ex-secrétaire du parti de la mégapole de Chongqing, commence le 22 août, écrit jeudi le quotidien Izvestia.

    Le procès de Bo Xilai, ex-membre du politburo du Comité central du Parti communiste chinois et ex-secrétaire du parti de la mégapole de Chongqing, commence le 22 août, écrit jeudi le quotidien Izvestia. L'affaire attire l'attention du monde entier, car il ne s'agit pas d'un simple fonctionnaire, mais de ce qu'on appelle un prince – le fils du révolutionnaire Bo Yibo, proche compagnon de Mao Zedong et membre des "huit immortels" – les personnes les plus influentes au parti dans les années 1970-1980. Bo Xilai a été relevé de toutes ses fonctions le 15 mars 2012, et en juillet 2013 il a été inculpé pour corruption, fraude et abus de pouvoir.

    L'affaire Bo Xilai est supervisée au sommet du parti, y compris le secrétaire général Xi Jinping. Bien que le mois d'août soit férié et les dirigeants se reposent à la station balnéaire de Beidaihe au bord de la mer Jaune.

    "Avec ce procès le PC chinois voudrait montrer qu'il combat réellement la corruption et n'arrête pas seulement des délinquants mineurs, pense Roudik Iskoujine, vice-président du Comité pour la défense et la sécurité du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). Il ne faut pas oublier l'élément de propagande: le XVIIIème congrès du PC chinois s'est tenu il y a un an, où l'on avait annoncé la campagne contre la corruption.

    Le New York Times a publié la déclaration du fils de l'accusé, Bo Guagua, étudiant à l'école de droit de l'université Columbia aux USA. Il espère que son père pourra se défendre sans restriction. Mais il ne faut pas compter sur l'impartialité du procès car l'image de la Chine est en jeu.

    "Xi Jinping veut montrer que la lutte contre la corruption et le fractionnisme est parfaitement juste, efficace et à long terme", a expliqué Alexeï Maslov, chef du département d'études orientales du Haut collège d'économie.

    Selon le sinologue, le procès a été longuement préparé pour évaluer dans quelle mesure l'affaire Bo pourrait provoquer des différends au sein de la société.

    Selon certaines informations, Bo Xilai est un figurant clé de la fraction de Jiang Zemin au sein du parti (président de la Chine entre 1993 et 2003). Il était un véritable adversaire de Xi Jinping pour la course au pouvoir. C'est la raison pour laquelle une attention trop scrupuleuse pour cette affaire n'est pas non plus favorable pour les dirigeants chinois.

    "La sentence pourrait être modérée. Autrement dit, on pourrait tenter de présenter l'affaire comme un procès banal. Bien qu'il s'agisse du "prince" et de l'ancienne étoile montante de la politique chinoise", déclare Alexandre Lomanov de l'Institut d'Extrême-Orient.

    Selon lui, l'accusation officielle de corruption couplée à l'assassinat d'un étranger par son épouse n'est qu'une facette de l'affaire. Bo Xilai a tenté de jouer avec les règles politiques occidentales en avançant un discours public sur la justice sociale, le rôle de Mao Zedong. Ce n'est pas d'usage en Chine. Un maire doit superviser l'économie et avancer progressivement dans sa carrière sans faire de vagues.

    L'épouse de Bo, Gu Kailai, fait également de l'ombre à son mari. Elle a été accusée d'avoir empoisonné avec du cyanure l'homme d'affaires britannique Neil Heywood et condamnée à la peine capitale avec sursis.

    Si c'était possible, le procès se déroulerait à huis clos pour éviter que des informations indésirables ne remontent à la surface. Mais aujourd'hui, ce ne serait pas favorable à l'image de la Chine, deuxième puissance économique. C'est la raison pour laquelle Pékin fait tout son possible pour "tuer le rat sans briser le vase".

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