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    Les dangers de l'ingérence étrangère dans le conflit syrien

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    Il sera impossible de mener une guerre en Syrie "à distance", à coups de frappes chirurgicales, comme le promet Barack Obama, estime l'orientaliste russe Saïd Guaïourov dans une analyse publiée par le quotidien Izvestia.

    Il sera impossible de mener une guerre en Syrie "à distance", à coups de frappes chirurgicales, comme le promet Barack Obama, estime l'orientaliste  russe Saïd Guaïourov dans une analyse publiée par le quotidien Izvestia.

    Les Américains semblent s'être hypnotisés eux-mêmes et croient sérieusement que leurs frappes chirurgicales feront facilement tomber le régime syrien, dans ce pays déchiré par la guerre civile. Et la Russie n'a pas non plus conscience que de l'intérieur, tout semble différent en Syrie. Que les deux tiers du territoire du pays ne sont pas plongés en plein conflit et que la population soutient pleinement la république dans sa lutte contre les rebelles (ce qui d'ailleurs n’empêche pas l'opposition de manifester pacifiquement pour exprimer ses exigences au gouvernement). Ces deux tiers du territoire incluent les régions de montagne – Djébel el-Druze et Lattaquié - et comme le montre l'histoire, celui qui contrôle les "hauteurs" contrôle toute la Syrie.

    Les rebelles occupent, eux, quelques villes et régions rurales. Les principaux "résistants", hormis les mercenaires, sont issus de ce qu'on appelle le sous-prolétariat apparu dans le pays après les réformes libérales des années 2000. Ces gens qui n'ont plus d'avenir n'ont rien à perdre et leur participation aux combats est relativement bien payée (100 dollars par jour) - et encore plus pour chaque officier abattu. Mais même ces "résistants" bénéficient de l’amnistie du gouvernement syrien, qui sait qu'il n'existe pas de solution militaire à cette crise politique.

    Autre détail de taille : le gouvernement syrien actuel est proportionnellement représenté par tous les grands groupes ethniques et confessionnels et c'est pourquoi l'élite républicaine ne s'est pas divisée en dépit des attentes de certains. Contrairement aux stéréotypes de la presse occidentale, qui reproche à Assad la domination des "siens" au gouvernement, les alaouites y sont en infime minorité, moins nombreux que les chrétiens qui ne sont pourtant pas beaucoup en Syrie. Dans ce pays majoritairement musulman, les chrétiens se voient donc confier malgré tout des postes à grande responsabilité. L'ancien ministre de la Défense Daoud Rajha, tué par un kamikaze, était chrétien. Par ailleurs, les Syriens craignent la "libanisation" imposée depuis l'extérieur – l'exemple du pays voisin montre que le modèle libanais du "quota confessionnel" serait néfaste pour les Syriens, qui n'ont jamais été habitués à s'intéresser à la confession de leurs voisins.

    Quoi qu'il en soit, le conflit syrien dans lequel les USA ont l'intention de s'ingérer est étranger à l'ordre du jour politique syrien proprement dit. La guerre terroriste en Syrie est une tentative des politiciens autrefois influents, disposant de relations avec les monopoles gaziers mondiaux (aussi bien en Occident qu'au Moyen-Orient), qui ont émigré après avoir perdu leur poste (et leurs sources de revenus douteux mais élevés), de prendre leur revanche en s'alliant avec les fondamentalistes sunnites, notamment Al-Qaïda.

    Mais les dirigeants internationaux d'Al-Qaïda sont des gens très pragmatiques et concrets – ils ont réalisé qu'ils risquaient d'épuiser inutilement tout leur potentiel de mobilisation. Ce n'est pas un hasard si on annonçait récemment que les rebelles commençaient à retirer leurs combattants de Syrie pour les projeter en Egypte afin de soutenir les Frères musulmans.

    L'ingérence des Américains dans le "conflit syrien", en l'état actuel des choses, serait évidemment une source de nouveaux maux et souffrances pour la population syrienne. Mais cette "offensive décisive" pourrait également tourner à l’échec cuisant pour les USA.

    Dossier:
    Une éventuelle intervention en Syrie (2013) (295)

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