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    Les Néerlandais recourent de plus en plus à l'euthanasie

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    Plus de 4 000 Néerlandais ont décidé de quitter ce monde avec l'aide des médecins, écrit jeudi le quotidien Novye Izvestia.

    Le nombre d'euthanasies pratiquées aux Pays-Bas l'an dernier a été annoncé récemment.

    Ce nombre est très élevé. Plus de 4 000 Néerlandais ont décidé de quitter ce monde avec l'aide des médecins, écrit jeudi le quotidien Novye Izvestia.

    Ces statistiques montrent que d'un phénomène choquant l'euthanasie se transforme progressivement en une chose normale aux Pays-Bas. Les médecins qui pratiquent cette procédure et les patients qui acceptent d'en devenir sujet ne sont pas condamnés par la société néerlandaise.

    Les Pays-Bas sont le premier pays européen à avoir autorisé l'euthanasie. Le projet de loi à ce sujet a été adopté par le parlement local sans débats enflammés. Peu de patients avaient accepté l'euthanasie la première année. Mais leur nombre a rapidement augmenté et ne cessait de croître par la suite. Aujourd'hui, l'euthanasie représente 3% des décès aux Pays-Bas. L'an dernier, selon les statistiques publiées récemment par une commission spéciale du ministère néerlandais de la Santé, 4 188 personnes ont eu recours à l'euthanasie. Une grande majorité d'entre eux (78%) souffraient d'un cancer. Une hausse de 13% du nombre décès par euthanasie a été enregistrée par rapport à 2011. La commission l'explique par des raisons purement techniques : la formation aux Pays-Bas l'an dernier des brigades de médecins mobiles habilitées à faire une injection mortelle au patient à son domicile si pour une certaine raison (le plus souvent d'éthique) ce dernier refusait d'aller à la clinique. Les brigades mobiles, dont six ont été créées au départ, ont été sollicitées à tel point que leur nombre a dû être porté à dix.

    La commission n'a aucun reproche à faire au travail des brigades ou des médecins chargés de pratiquer l'euthanasie. Elle a enregistré des infractions mineures de procédure uniquement dans 10 cas. Sachant que cette procédure est décrite en détails dans la loi. La condition obligatoire pour une euthanasie est l'incapacité des médecins de lutter contre la maladie ou une douleur insupportable éprouvée par le patient. Dans le premier cas la présence d'au moins deux médecins est requise pour la confirmation. Et si l'un d'eux exprimait des doutes sur la légalité d'application de l'euthanasie, le patient continuerait de vivre même s'il demandait lui-même qu'on mette fin à ses jours.

    On ignore quelles mesures ont été prises à l'égard des médecins qui n'ont pas respecté la procédure. Mais il n'est certainement pas question de sanctions graves. En 11 ans depuis l'entrée en vigueur de la loi sur l'euthanasie, un seul médecin a été traduit devant le tribunal. Le docteur Albert Heringa a été condamné à une peine avec sursis en 2008 pour avoir aidé sa mère de 99 ans à en finir avec la vie. La commission a estimé qu'il avait agi par sentiment de compassion.

    La société néerlandaise ne débat plus depuis longtemps sur la question de savoir si l'on peut ou non priver un autre être humain de la vie à partir d'indications médicales. La société l'a accepté dans le silence. Les pays voisins sont également d'accord avec les Néerlandais. La Belgique a autorisé l'euthanasie peu de temps après les Pays-Bas. Suivie du Luxembourg en 2009. Mais les Néerlandais ont beaucoup d'avance sur ces "concurrents". Le nombre d'euthanasies pratiquées aux Pays-Bas l'an dernier représente presque le double par rapport à la Belgique, dont le nombre d'habitants est légèrement inférieur. Quant au Luxembourg, seulement 14 décès volontaires y ont été pratiqués.

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