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    Un député veut réchauffer Vladivostok pour en faire une deuxième Sotchi

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    Alexandre Prikhodko, député de Russie unie au parlement de Vladivostok, pense qu'il est injuste que le froid règne dans cette ville qui se trouve à la même latitude que la capitale des Jeux olympiques de 2014 : Sotchi, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Alexandre Prikhodko, député de Russie unie au parlement de Vladivostok, pense qu'il est injuste que le froid règne dans cette ville qui se trouve à la même latitude que la capitale des Jeux olympiques de 2014: Sotchi, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    D'après lui, il serait possible de remédier à cette situation climatique en déplaçant l'embouchure de l'Amour vers la mer d'Okhotsk, pour modifier les courants dans la mer du Japon. Selon les experts cette idée n’est pas nouvelle - et ils doutent de son intérêt.

    "Vladivostok est sur la même latitude que Sotchi mais pourtant l’hiver y est plus froid qu'à Mourmansk, qui se trouve au-delà du cercle polaire. Pourquoi ? A cause des courants froids sur le littoral de l'Extrême-Orient, déplore le député. Notre territoire est donc semblable à l'Extrême-Nord et d’une manière générale ces conditions ralentissent le développement de tout l'Extrême-Orient. Tandis que le climat chaud du Japon, pourtant situé à proximité, lui permet de se développer en économisant les hydrocarbures grâce à ses courants chauds."

    Les arguments du député se basent sur des études de chercheurs d'Extrême-Orient qui pensent qu'il y a 7 000 ans, quand l'île Sakhaline était encore rattachée au continent, la Primorie était une région subtropicale. D’ailleurs les mêmes tigres et léopards qui vivent en Inde et en Afrique restent présents dans la région, et la sultanine qui y pousse serait une variante de kiwi. "Ces faits permettent de dire qu'il est infondé de parler d'une catastrophe écologique en cas de réchauffement de la région", conclut Alexandre Prikhodko.

    Le député estime possible de changer les conditions climatiques sur la côte de l'Extrême-Orient depuis la mer d'Okhotsk jusqu'à la Corée du Nord. Comment ? En construisant un barrage dans le détroit de Nevelskoï et en déplaçant l'embouchure de l'Amour de l'estuaire de l'Amour vers la mer d'Okhotsk. Le député avait publiquement annoncé son idée en mai dernier et il a même trouvé des partisans parmi ses collègues au parlement municipal, qui ont signé sa lettre au président russe. Le député a également fait part de son initiative à la mairie de Moscou.

    Alexandre Prikhodko s'est appuyé sur de nombreuses recherches trouvées sur internet. "Comme je travaille sur le budget municipal, je vois les sommes dépensées pour le chauffage, le déneigement, la lutte contre le verglas. J'ai pensé qu'un réchauffement réduirait ces dépenses. J'ai alors regardé sur internet et trouvé de nombreux projets pour changer la direction des courants océaniques en Extrême-Orient, reconnaît le député. Le changement climatique apporterait un immense revenu à l'Etat, stopperait l'émigration et permettrait au complexe militaro-industriel de se développer dans la région."

    Alexandre Prikhodko a relancé ce débat lors du retour de l’automne, après les inondations sur l'Amour qui ont causé un préjudice de dizaines de millions d'euros. "Ces dégâts auraient pu être évités si l'Amour se jetait dans la mer d'Okhotsk car l'estuaire de l'Amour crée une réserve d'eau qui empêche le fleuve de se jeter librement dans la mer, estime le député. L'inondation a montré que les arguments selon lesquels l'Amour exerce une influence infime sur la mer du Japon étaient infondés. Sur les photos satellites fournies par les chercheurs on voit que la longueur du courant boueux de la rivière se jetant dans le détroit de Tartarie atteignait plusieurs centaines de kilomètres."

    "Les dernières recherches montrent que les masses froides de l'Amour qui se jettent dans l'estuaire de l'Amour forment une sorte de montagne d'eau où le niveau de la mer est supérieur au niveau de l'océan. Cet anti-nœud sert probablement de verrou pour empêcher le courant chaud de la mer du Japon d'atteindre la mer d'Okhotsk et vice-versa, remarque l'écologiste Boris Preobrajenski de l'Institut de géographie à l'Académie des sciences de Russie. Si on enlevait ce verrou en égalisant les niveaux d'eau, la vague affluente pourrait se jeter dans la mer d'Okhotsk et inversement. Au final, la partie nord de la mer du Japon se réchaufferait et avec elle les zones côtières au nord de la Primorie, les régions centrales du territoire de Khabarovsk, voire Okhotsk. Mais des études poussées sont nécessaires pour l'affirmer."

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