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    Les USA dominent le prix Nobel

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    La 112ème saison des Nobel vient de s'achever. Ces prix scientifiques comptent toujours parmi les plus prestigieux du monde bien que, selon les experts, les travaux récompensés aujourd’hui ne sont plus du tout les mêmes qu'il y a 100 ans (Einstein, Bohr, Rutherford) ou que ceux des années 1960 (Watson, Crick, Feynman), écrit mardi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    La 112ème saison des Nobel vient de s'achever. Ces prix scientifiques comptent toujours parmi les plus prestigieux du monde bien que, selon les experts, les travaux récompensés aujourd’hui ne sont plus du tout les mêmes qu'il y a 100 ans (Einstein, Bohr, Rutherford) ou que ceux des années 1960 (Watson, Crick, Feynman) , écrit mardi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    Soit, les lauréats du prix Nobel de physique cette année - Higgs et Englert - ont vraiment découvert quelque chose d'extraordinaire en identifiant le boson de Higgs, la "particule de Dieu" (théoriquement en 1964, puis par confirmation expérimentale en 2012-2013). Mais il ne s'agit pas en réalité du contenu scientifique des travaux : il est ici question de la science en tant qu'institution sociale.

    "Il n'y a aucune science nationale, comme il n'y a aucune table nationale de multiplication", disait Anton Tchekhov. Depuis cette époque la science est devenue encore plus cosmopolite, notamment grâce aux nouveaux moyens de communications.

    Les résultats et les méthodes de recherche sont internationaux, les grands scientifiques travaillent souvent dans plusieurs pays à la fois – mais la science garde une dimension nationale très claire. Le niveau scientifique est un facteur primordial pour tout pays au XXIe siècle.

    Comment déterminer l'état de la science dans un pays ? Par le nombre de prix Nobel que ses scientifiques ont remporté ? Ce serait un critère trop catégorique. L'indice est tout de même important car les grands prix sont prestigieux et populaires non seulement dans la presse mais aussi parmi les professionnels - et les comités Nobel rassemblent les experts les plus reconnus.

    Certes, les lauréats du prix Nobel sont la pointe de l'iceberg scientifique. Mais ils permettent de parler globalement de sa partie immergée.

    A l'heure actuelle, sur 6 millions de scientifiques dans le monde, 234 ont reçu le prix Nobel. Ce n'est pas leur citoyenneté mais leur lieu de travail qui détermine leur patrie scientifique. Bien que beaucoup d'entre eux mènent des recherches dans plusieurs pays à la fois, il est possible d'indiquer grosso modo leur "principal lieu de travail".

    Voyons le classement. Un prix Nobel en Italie, au Canada et en Belgique. Deux au Danemark, en Suède, aux Pays-Bas, en Chine et à Hong Kong. Quatre lauréats du prix Nobel travaillent en Australie, cinq en Israël, six en Suisse et en France, neuf au Japon et en Allemagne et 17 au Royaume-Uni (40 au total en UE). Les 164 autres lauréats se trouvent aux Etats-Unis.

    Cette domination scientifique des USA a commencé pendant la Seconde guerre mondiale et s'est poursuivie dans les années 1950 en raison de la fuite des cerveaux depuis l'Europe. A l'époque les USA dominaient également le monde sur le plan économique (pratiquement 50% du PIB mondial). Ce n'est plus le cas depuis longtemps mais ils conservent leur suprématie scientifique. La population américaine représente 5% de la planète, sa part dans le PIB mondial est inférieure à 20% et sa part dans le secteur high-tech mondial avoisine 35%. Près de 25% des scientifiques du monde travaillent aux USA, les dépenses pour la recherche et le développement représentent 30% du budget mondial alloué à cet effet (400 milliards de dollars), ces scientifiques publient près de 30% des articles spécialisés dans le monde et la part des prix Nobel remportés par des scientifiques travaillant aux USA est de 70% - cela vaut aussi pour les autres plus grandes récompenses scientifiques.

    Sur les 164 Américains lauréats du prix Nobel, 116 sont des "natifs" dont la moitié sont d'origine anglo-saxonne et plus de 40% sont juifs, et 38 sont des immigrés, comme l'académicien Alexeï Abrikossov originaire d'URSS. Miser sur le leadership scientifique est une stratégie américaine inchangée depuis 1945.

    La Chine commence à rattraper son retard. On compte dans ce pays 1,5 million de scientifiques (1ère place mondiale) et les dépenses pour la recherche et le développement s'élèvent aujourd’hui à 166 milliards de dollars (2ème place mondiale), dont 25 milliards pour les recherches fondamentales et appliquées. La Chine est également à l’origine de 8% des publications scientifiques dans le monde (2ème place mondiale). Sachant qu'aux Etats-Unis les Chinois représentent une grande partie du personnel scientifique – principalement en bas de l'échelle mais dont 5 sont tout de même des lauréats du prix Nobel.

    Pour l'instant l'offensive scientifique des Chinois n'a pas permis à la Chine d'arriver au sommet - la Chine a remporté deux prix Nobel dont un par un Européen invité. Si un jour la "quantité cédait la place à la qualité", la science chinoise deviendrait la plus forte du monde. On s'interroge alors : si l'"américanisation" de la science signifie un rapprochement avec le monde des affaires, qu’entraînerait une "sinisation" du monde scientifique ?

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