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    L’Otan et la Russie s’allient pour recycler les armes

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    La réunion des ministres de la Défense du Conseil Otan-Russie se tient aujourd'hui à Bruxelles pour la première fois depuis plus de deux ans, alors qu’elle est censée être annuelle, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

    La réunion des ministres de la Défense du Conseil Otan-Russie se tient aujourd'hui à Bruxelles pour la première fois depuis plus de deux ans, alors qu’elle est censée être annuelle, écrit mercredi le quotidien Kommersant. Cette longue interruption s'explique par les divergences idéologiques autour du déploiement en Europe du bouclier antimissile de l’Otan mais aussi par des raisons organisationnelles.

    Personne ne s'attend à un progrès significatif. Les relations entre l'Otan et la Russie stagnent voire se dégradent : on ne constate aucune confiance mutuelle ni même de volonté politique pour remédier à la situation. En revanche, il y a l’embarras du choix du côté des dossiers sensibles.

    Première pierre d’achoppement : le bouclier antimissile (ABM) et l'expansion de l'Alliance.

    La Russie estime que l'EuroABM représente une menace pour ses forces nucléaires de dissuasion et elle prépare des mesures de rétorsion. L'Otan affirme au contraire que son système vise l'Iran et la Corée du Nord et accuse Moscou d’encourager la course aux armements.

    La Russie estime que la poursuite de l'expansion de l'Otan vers l'est est inadmissible. Ce à quoi le secrétaire général de l’Alliance Anders Fogh Rasmussen a récemment répondu que ce n'était pas à Moscou de "décider qui sera membre de l'Alliance", confirmant l'intérêt de l'Otan pour un rapprochement avec l'Ukraine et la Géorgie. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé que la Russie continuerait à "considérer l'Otan comme une menace" tant que ces problèmes ne seraient pas réglés.

    D'autres questions divisent également l’Otan et la Russie, comme la situation au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, la sécurité cybernétique ou encore la lutte contre le trafic de drogues afghan.

    Les exercices militaires menés près des frontières de l’Otan et de la Russie ne contribuent pas non plus à améliorer le climat de confiance. Les représentants russes affirment que les exercices russo-biélorusses Zapad-2013 étaient "très transparents" mais une source du siège de l'Otan a estimé que les informations fournies par Moscou étaient insuffisantes. "Un briefing a été organisé pour nos représentants. Ils ont pu voir une partie des exercices mais nous n'avons pas obtenu de réponses à toutes les questions", a déclaré la source. La Russie émet quant à elle des suspicions quant aux exercices Steadfast Jazz prévus en novembre par l’Otan en Pologne et dans les pays baltes. Bien que l’Alliance affirme que ces manœuvres ne visent aucun pays en particulier, la Russie y perçoit un signe de retour à la Guerre froide.

    Dans ces circonstances, les deux parties vont sans doute miser sur des projets de moindre importance, comme la coopération pour le recyclage des munitions et armements obsolètes.

    L'idée consiste à recycler les arsenaux russes, avec l'argent russe, mais avec les technologies avancées de l'Otan. La Russie espère ainsi réduire le nombre d'incidents pendant l'explosion des munitions, et l'Otan y voit une manière de renforcer ses relations avec la Russie.

    L’idée a déjà fait son chemin. Rasmussen a déclaré lundi qu’un fonds financier pour la mise en œuvre de cette initiative serait créé dans les mois à venir dans le cadre du Conseil Otan-Russie. Rappelons que la Russie et l'Otan disposent déjà d'un fonds pour la maintenance des hélicoptères russes achetés par les USA pour les besoins de l'armée de l'air afghane et la formation des techniciens afghans. Le secrétaire général n'a pas précisé quand la nouvelle structure serait lancée.

    Une source de l'état-major des forces armées russes a confirmé que la création d'un nouveau fonds était étudiée, tout en refusant d'indiquer son montant approximatif - le fonds prévu pour les hélicoptères s'élève, lui, à 50 millions de dollars. Du côté de l'Otan le nouveau projet sera supervisé par Agence d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA).

    Une source du gouvernement russe a expliqué qu'avant de prendre une décision sur ce fonds, un groupe de spécialistes russes du ministère de la Défense devait visiter l'usine de recyclage des munitions en Turquie, à Yahsihan. "Il faut comprendre si nous pouvons localiser les technologies de l'Otan, explique la source. Après cela il faudra déterminer l'endroit où lancer le projet pilote."

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