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    L’Onu pourrait encadrer les méthodes des services secrets

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    Après le scandale des écoutes de la NSA américaine, l'Allemagne et le Brésil veulent demander à l'Onu de limiter l'envergure de la surveillance des services secrets, écrit lundi le quotidien Kommersant.

    Après le scandale des écoutes de la NSA américaine, l'Allemagne et le Brésil veulent demander à l'Onu de limiter l'envergure de la surveillance des services secrets, écrit lundi le quotidien Kommersant.

    L’initiative étant déjà soutenue par 19 pays, les Etats-Unis devaient réagir. Un groupe d'experts créé par Obama lui a suggéré d'annoncer que les renseignements américains suspendraient la surveillance des alliés proches des USA et renonceraient à recueillir des informations pour obtenir des avantages lors des pourparlers. Mais les renseignements américains ne changeront pas radicalement leur pratique actuelle.

    "Le suivi des correspondances personnelles et l'interception d’informations privées sur des citoyens, sans fondement légal, est une flagrante violation des droits à la liberté d'expression, à la vie privée et représente une menace pour les fondements de la société démocratique", annonce le projet de résolution de l'Allemagne et du Brésil, que s’est procuré la revue Foreign Policy.

    La NSA ou d'autres services américains ne sont pas mentionnés dans le document. Mais la résolution octroie aux membres de l'Onu le droit de "surveiller l'activité des services secrets étrangers si elle est interprétée comme une violation de la souveraineté nationale" et leur permet de faire appel à l'Assemblée générale en cas de litige.

    Le projet de résolution a déjà été soutenu par 19 Etats, dont des adversaires traditionnels des USA – Cuba et le Venezuela - mais aussi des alliés proches comme la France et le Mexique.

    Le document pourrait être soumis au vote du Comité des droits de l'homme de l'Onu dès cette semaine.

    "L’affaire Snowden, qui était à l’origine un problème interne, s'est transformée en quelques mois en fiasco global de la politique étrangère des USA, déclare Marvin Kalb, expert à Brookings Institution. Au départ le préjudice pour les Etats-Unis était surtout une question d’image, mais les dernières évolutions pourraient avoir des conséquences sur les relations économiques entre les USA et leurs partenaires."

    Au dernier sommet de l'UE, plusieurs pays ont suggéré de restreindre l'activité des entreprises technologiques américaines en Europe, estimant que les renseignements américains pourraient également mener des activités d'espionnage industriel. Les ventes d'avions Boeing en Europe ont notamment été remises en question, tout comme le système d'échange d’informations sur les passagers qui se rendent de l'UE aux USA et inversement, ou encore les données sur les transactions financières.

    Dans ces conditions la Maison blanche devait réagir. Le président Obama avait déjà annoncé la création d'un groupe d'experts qui, mi-novembre, devrait présenter un aperçu de l'activité des services de renseignement américains. Selon certaines informations, les experts veulent suggérer au président d'annoncer publiquement la suspension de la surveillance des alliés proches et l’arrêt du recueil secret d'informations pour obtenir des avantages pendant les négociations.

    Washington semble vouloir s'en arrêter là. D'après les représentants de l'administration présidentielle, les communiqués sur le brusque refroidissement des relations avec les partenaires européens sont très exagérés. "Je ne pense pas qu'on puisse parlée de préjudice global pour la politique étrangère américaine", a déclaré en fin de semaine Ben Rhodes, conseiller adjoint du président à la sécurité nationale.

    Keith Alexander, directeur de la NSA, a également confirmé que les services de renseignement n'avaient pas l'intention de changer foncièrement leurs pratiques. "Nous devons évoquer ces problèmes uniquement parce que la presse en parle, a-t-il reconnu. Vais-je suspendre la surveillance, même partiellement ? Cette décision doit être prise par les politiciens mais personne ne voudra qu'on arrête de protéger notre pays des terroristes, des pays hostiles et des menaces cybernétiques."

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