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    La Russie lutte contre la toxicomanie dans l’armée

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    Le ministère russe de la Défense a présenté son plan de lutte contre la toxicomanie au sein des forces armées et dans les écoles militaires, écrit jeudi 31 octobre le quotidien Izvestia.

    Le ministère russe de la Défense a présenté son plan de lutte contre la toxicomanie au sein des forces armées et dans les écoles militaires, écrit jeudi 31 octobre le quotidien Izvestia.

    Le décret du ministère constate que la consommation de stupéfiants est répandue à tous les niveaux de la hiérarchie militaire. Des groupes de travail pour lutter contre l'abus de drogues seront donc créés dans les unités militaires, sous la supervision des commandants adjoints chargés du travail avec les cadres.

    Le document souligne que la situation est particulièrement grave chez les sous-officiers supérieurs et les élèves des écoles militaires, où le nombre de consommateurs et de trafiquants dépasse 20%. Le ministère de la Défense a confirmé que des mesures immédiates devaient être prises pour lutter contre la toxicomanie.

    "La situation n’est pas critique mais le problème est réel. La toxicomanie affecte notre société et l'armée en fait partie - c'est pourquoi nous nous efforçons de prendre des mesures pour éradiquer ce problème dans les unités militaires, déclare Nikolaï Pankov, secrétaire d'Etat et vice-ministre de la Défense. Il est encore trop tôt pour parler de la responsabilité des commandants dans ce développement de la toxicomanie au sein des unités militaires. Ces questions seront évoquées plus tard".

    Ce projet de décret pour la lutte contre la toxicomanie dans les forces armées sera discuté aujourd'hui par le bureau du procureur militaire principal.

    Les groupes de travail pour lutter contre la toxicomanie dans les unités militaires seront composés du commandant adjoint du régiment, d’un président du groupe de travail avec les chefs d'unité, de suppléants en droit, de chefs des services médicaux et de psychologues.

    Le projet de décret établit également une "responsabilité personnelle des subordonnés s’ils n’organisent pas efficacement les activités visant à empêcher la consommation et le trafic des stupéfiants au sein des forces armées".

    Valentina Melnikova, membre du conseil public auprès du ministère de la Défense et secrétaire de l'Union des comités des mères de soldats, a déclaré que dans certaines unités les militaires du rang étaient utilisés comme coursiers pour vendre et livrer les drogues.

    "La situation est difficile. Même en l'absence de scandales récents concernant la toxicomanie au sein de l'armée, nous savons que dans certaines unités on cultive du chanvre en quantités industrielles. Après cela on force les soldats à vendre et à livrer ces drogues, a déclaré Valentina Melnikova. La consommation personnelle est un phénomène constaté aussi bien parmi les militaires du rang que les officiers. Et il faut, bien sûr, lutter contre cela."

    Selon le document, le laxisme de certains commandants et l'inefficacité du personnel lié au commandement militaire sont l'une des causes de l'expansion de la toxicomanie dans l'armée.

    Pour lutter contre ce phénomène, la direction militaire de la santé auprès du ministère de la Défense sera chargée de mettre à disposition des unités médicales de chaque régiment des moyens pour mener un dépistage des drogues auprès du personnel.

    Les spécialistes de la lutte contre la toxicomanie indiquent que le nouveau plan pour identifier les toxicomanes parmi les militaires pourrait ne servir à rien : "Il y a dix ans on parlait déjà du problème des drogues dans l'armée russe. Je pense que depuis la situation n'a fait qu'empirer.
    Il faut se poser des questions concernant les tests de dépistage en question, menés avec des bandelettes importées on ne sait d'où, qui ont un taux d'erreur qu'on ignore mais surtout – aucune d'elles n'a été certifiée en Russie", a déclaré Alexandre Alexeev, président de la fondation Narkom.

    A l'heure actuelle, on applique dans les forces armées un système de prévention de la toxicomanie par étapes mais le ministère le trouve insuffisant.

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