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Les Brics veulent en finir avec l’extrémisme des marchés financiers

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Crise financière mondiale (296)
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Depuis la crise financière mondiale en 2008 la récession n'a pas disparu. L'écart entre les riches et les pauvres a continué de se creuser et la sécurité mondiale s'est affaiblie car les problèmes centraux n'ont pas été réglés, écrit jeudi le quotidien RBC Daily.

Depuis la crise financière mondiale en 2008 la récession n'a pas disparu. L'écart entre les riches et les pauvres a continué de se creuser et la sécurité mondiale s'est affaiblie car les problèmes centraux n'ont pas été réglés, écrit jeudi le quotidien RBC Daily.

Aujourd’hui le monde a besoin d'un nouveau consensus. Notre époque exige des institutions différentes de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le groupe de travail pour l'élaboration de l'architecture financière internationale s'est récemment réuni à Washington dans le cadre de la réunion annuelle du Conseil d'administration du FMI et du Groupe de la Banque mondiale. Cette rencontre rassemble les représentants des ministères des Finances et des banques centrales des pays du G8 et les experts des organisations financières mondiales.

L'utilité de cette réunion soulève de sérieux doutes : il est évident qu’aujourd’hui, les décisions amenées à influer sur notre planète ne peuvent plus être prises qu’à New York ou à Washington.

La Banque mondiale, le FMI et l'OMC ont été créés après la Seconde guerre mondiale dans le cadre des Accords de Bretton Woods. Leur mission : assurer la stabilité économique mondiale. Mais depuis les années 1970 ces institutions ont commencé à pencher idéologiquement pour la l'extrémisme des marchés et l'ordre néocolonialiste. Cette politique est en partie responsable de la crise de 2008.

Au niveau supranational le changement de l'architecture financière mondiale revient aujourd'hui aux pays des Brics. Leur influence est en train de croître et ces pays s'arment avec une économie intégrée, au lieu de suivre le fondamentalisme économique de washingtonien.

L'ancienne structure financière post-Bretton Woods est déjà en train de changer. Les économies émergentes ont des traditions philosophiques qui diffèrent de celles du G8. Elles s'orientent davantage vers la société et le collectif et pour elles, les investissements dans l'infrastructure et le financement du commerce réel sont les bases d'un développement stable. La mondialisation y est compensée par le sens de la famille, de l'identité, et de l'appartenance ethnique.

Les Brics ont déjà conclu des accords commerciaux bilatéraux en marge de l'OMC, établissant les prix des marchandises sans dépasser les limites des paniers monétaires mixtes. Cela change radicalement tous les accords et ententes économiques que le monde a longtemps considéré comme acquis.

Aujourd'hui les Brics établissent une feuille de route pour une nouvelle banque de développement, un fonds de stabilisation et un mécanisme pour régler les litiges commerciaux qui pourraient remplir les fonctions dévolues actuellement à la BM, au FMI et à l'OMC - et travailler en parallèle.

On pourrait s'attendre à ce que la banque de développement des Brics propose des crédits non soumis à conditions mais à des taux d'intérêts supérieurs – c'est-à-dire adopter une approche plus commerciale. De plus, elle pourrait financer des projets dans les domaines où la BM n’intervient pas comme le biocarburant ou l'énergie nucléaire. La prochaine étape logique serait la création d'un fonds de stabilisation des Brics comme alternative au FMI, ce qui pourrait nécessiter l'instauration d'une nouvelle monnaie mondiale de réserve. Il est évident que les pays des Brics cherchent à devenir moins dépendants du dollar US.

Les dirigeants des Brics croient en l'avenir des opérations marchandes entre les cinq pays qui composent le groupe, menées avec leur propre monnaie - une idée apprécié par d'autres pays émergents. Dans deux accords signés par les banques de développement du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud, il est dit que les crédits pour les transactions marchandes entre ces pays seraient attribués en devise locale. La procédure simplifiée de conversion des devises propose une véritable alternative au dollar américain comme monnaie de règlement.

Il ne s'agit pas de la suppression intégrale de l'ancienne architecture financière de Bretton Woods mais plutôt de la création d'une nouvelle structure parallèle à l'ancienne. A terme, les pays pourront choisir quelle architecture convient davantage à leurs propres plans de reconstruction et de rénovation.

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