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    Le Moyen-Orient n’est toujours pas remis du Printemps arabe

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    Les perturbations apparues dans le sillage du Printemps arabe ne cessent pas au Moyen-Orient, constate vendredi 1er novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les perturbations apparues dans le sillage du Printemps arabe ne cessent pas au Moyen-Orient, constate vendredi 1er novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La tension n’arrête pas de monter et entraînera forcément une détérioration de la situation dans la région, touchant plus particulièrement certains pays. Il faut également s’attendre à une fragmentation plus importante de la région et une nouvelle configuration des alliances entre pays arabes.

    La situation en Syrie, où l'effusion de sang risque de franchir les frontières du pays, est aujourd'hui au centre de l’attention. Depuis peu on perçoit enfin la lumière au bout du tunnel avec une éventuelle conférence de paix à Genève, qui initierait un règlement politique de la crise syrienne.

    La préparation de ce forum suscite de fortes confrontations. A première vue l'ensemble du monde arabe devrait soutenir cette solution, qui est la plus réaliste pour sortir de l'impasse en Syrie. Mais ce n'est pas le cas, notamment à cause des perturbations intérieures dans la plupart des pays arabes, qui opposent les partisans d’un développement laïque et ceux qui soutiennent un Etat islamique.

    Dans la région, le changement d'équilibre entre les sunnites et les chiites s'est produit après la prise du pouvoir en Irak par les chiites - qui représentent la majorité de la population - après l'invasion américaine et avec le soutien des USA. Ce retournement a entraîné un renforcement significatif des positions et de l'influence de l'Iran chiite –concurrent historique et idéologique de l'Arabie saoudite dans le Golfe.

    Ces changements ont relancé l’activité des communautés chiites dans les pays voisins du royaume. Au Yémen, les zaydites (chiites) constituent plus de 40% de la population. Au Bahreïn, dirigé par une monarchie sunnite, les chiites représentent pourtant une majorité écrasante.
    Près du tiers de la population du Koweït est chiite. Les leviers du pouvoir en Syrie se trouvent entre les mains des alaouites, également proches des chiites. Riyad perçoit cette évolution comme la formation d'une sorte de "ceinture chiite" autour du royaume.

    La situation au Moyen-Orient reste extrêmement mouvementée et imprévisible. De nouvelles composantes entrent constamment dans l'action et modifient le rapport de forces. Par exemple le Qatar, qui soutenait activement les rebelles syriens, a aujourd’hui l'intention de changer son approche de la crise syrienne. Le Caire revoit également ses positions à l'égard du conflit syrien en mettant l'accent sur la nécessité d'un règlement politique. Dans l'ensemble, la plupart des pays arabes soutiennent la conférence de Genève et prônent un règlement pacifique de la guerre civile. Au fond, dans le monde arabe, seules la Turquie et l'Arabie saoudite aident et soutiennent activement l'aile conservatrice de l'opposition syrienne.

    La difficulté du règlement du problème syrien et d'autres conflits de la région est aggravée par le fait que ces problèmes sont liés avec d'autres pays arabes – l'Irak, l'Egypte, la Libye, la Tunisie, le Yémen, le Soudan, le Maroc et le Bahreïn - qui à leur tour traversent aujourd'hui leurs propres perturbations intérieures en écho au Printemps arabe.

    Enfin, les difficultés de la crise mondiale et la reconfiguration de l'espace géopolitique en cours, ainsi que la formation d'un nouveau système international correspondant aux réalités et aux besoins du XXIe siècle, ont un impact direct sur la situation dans cette région.

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