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    Déclin démographique: la Russie cherche des solutions

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    Hausse de la natalité, baisse de la mortalité, augmentation de l'espérance de vie: la période propice à la reproduction naturelle de la population touche à sa fin en Russie, écrit mercredi le quotidien Vedomosti.

    Hausse de la natalité, baisse de la mortalité, augmentation de l'espérance de vie: la période propice à la reproduction naturelle de la population touche à sa fin en Russie, écrit mercredi le quotidien Vedomosti.

    Les démographes tirent la sonnette d'alarme : si la tendance actuelle se maintenait la population russe retomberait à 130 millions d'habitants à l'horizon 2030 et à 100 millions d'ici 2060. Certaines estimations sont encore plus pessimistes – 120 millions d'habitants d'ici 2030 et une division par deux de la population d'ici 2060 pour atteindre 70 millions.

    Tels sont les résultats du rapport "Sera-t-il trop tard dans 10 ans ? La politique démographique de la Fédération de Russie : défis et scénarios". La Russie a donc besoin d'une nouvelle politique pour "préserver le peuple", qui sera loin de se limiter à un soutien social.

    Le rapport actuel entre la population apte à travailler et les retraités, de 2,8/1, chutera à 2/1 d'ici 2030 selon les prévisions de l'agence russe des statistiques Rosstat, voire jusqu'à 1,6/1 selon certains experts, entraînant une charge supplémentaire pour le budget, les employeurs et les employés.

    L'immigration ne permettra probablement pas de sortir du trou démographique. En effet les auteurs du rapport soulignent que dans les pays d'Asie centrale, la natalité est en baisse ces dernières années. En particulier en Ouzbékistan où, après une augmentation au milieu des années 2000, selon les informations officielles, le nombre de naissances a baissé de 652 000 en 2009 jusqu'à 625 000 en 2012. Le nombre d'enfants par femme se réduit également.

    Un ensemble de mesures est nécessaire pour préserver la population, avant tout une amélioration de la qualité des services médiaux et la réduction de la mortalité. La mortalité infantile en Russie en 2012 était de 8,6 pour 1 000 naissances. En descendant au niveau de la Lituanie ou de la Pologne (4,9 et 5,9), sans parler de l'Estonie (3,5), la Russie sauverait chaque année entre 60 000 et 80 000 vies.

    Il faut également réduire le nombre d'avortements (1,1 million en 2012). Une prévention à grande échelle des maladies cardiaques pourrait également avoir d'importants résultats, sachant quelles provoquent 2 à 3 fois plus de décès en Russie que dans la majorité de pays européens. Autres solutions : renforcer le contrôle de l'accès aux alcools forts et la sécurité routière.

    Ces deux derniers facteurs sont la cause d'une mortalité élevée en Russie parmi les hommes aptes à travailler. Ces mesures permettraient de maintenir la population russe à hauteur de 130 millions d'habitants d'ici 2060.

    Pour cela, il est nécessaire de faire passer le financement de la santé au même niveau que les
    ex-républiques socialistes. Actuellement, les dépenses de la Russie pour la santé (2 450 milliards de roubles en 2013, soit 55,6 milliards d'euros) représentent 3,6% du PIB. Il est prévu de les réduire jusqu'à 3,2% d'ici 2016. A titre de comparaison, la Pologne et l'Estonie consacrent à la santé 4,7% du PIB,  pour 4,5% en Lituanie et 5,7% en République tchèque.

    Bien évidemment, il ne s'agit pas que d'un volume d'argent à dépenser mais aussi de la qualité du service public. Les mesures suggérées ne demanderont pas seulement une redistribution du budget. Il faudra revoir les priorités de développement, comprendre que la préservation de la population est une tâche tout aussi importante que l'accroissement de la puissance militaire.

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