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    Trois pays réclament le banquier kazakh Abliazov

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    La Cour d'appel d'Aix-en-Provence décidera le 16 janvier de l'extradition de Moukhtar Abliazov, ancien patron de BTA, la plus grande banque du Kazakhstan. Si le tribunal validait cette démarche M.Abliazov serait très probablement remis à la Russie, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La Cour d'appel d'Aix-en-Provence décidera le 16 janvier de l'extradition de Moukhtar Abliazov, ancien patron de BTA, la plus grande banque du Kazakhstan. Si le tribunal validait cette démarche M.Abliazov serait très probablement remis à la Russie, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    L'Ukraine et le Kazakhstan réclament également ce banquier fugitif accusé de fraude et d'expatriation des actifs de la banque pour 6 milliards de dollars. Abliazov clame son innocence et affirme que les accusations portées contre lui sont de nature politique.

    Depuis six ans Astana cherche à faire extrader Moukhtar Abliazov et à récupérer l'argent qu'il aurait volé, selon l'enquête. Onze chefs d'inculpation pèsent sur lui et il est recherché par Moscou, Kiev et Astana pour plusieurs crimes. Mais le Kazakhstan n'a pas signé d'accord d'extradition avec la France et c'est pourquoi Abliazov a été arrêté par la police française sur un mandat délivré par l'Ukraine, à la demande des autorités kazakhes. La Russie avait également souhaité son extradition. La première audience de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence s'est tenue début janvier et il a été décidé d'extrader l'oligarque en fuite. Mais on ignore encore dans quel pays. L'avantage penche plutôt du côté de la Russie car les accusations avancées contre Abliazov dans ce pays sont bien plus graves et fondées que celles de l'Ukraine ou du Kazakhstan.

    Moukhtar Abliazov, ex-président du conseil d'administration de la banque BTA, a également occupé le poste de ministre de l'Energie, de l'Industrie et du Commerce du Kazakhstan en

    1998-1999. En 2002, il a été reconnu coupable d'abus de fonctions, de détournement de fonds et d'activité commerciale illégale. A l'époque, le tribunal d'Astana avait condamné le banquier à

    6 ans de prison et une amende de 3,6 millions de dollars. Un an après il avait été gracié par le président Noursoultan Nazarbaev. De 2005 à 2009, Abliazov a présidé le conseil d'administration de la BTA puis en 2009, il était de nouveau accusé par le Kazakhstan et la Russie d'avoir détourné 70 milliards de dollars. Un avis de recherche international avait été délivré contre lui en mars 2009. En février 2009, Abliazov s'était réfugié au Royaume-Uni pour fuir la justice et Londres avait même accordé à Abliazov l'asile politique en 2011 à une condition : qu’il ne quitte pas le pays. A la demande de la banque BTA la Cour de Londres avait finalement gelé les actifs de toutes les sociétés d'Abliazov en le condamnant à 22 mois de prison pour avoir enfreint l'interdiction d'exproprier des actifs. Pour échapper à la prison Abliazov a quitté le Royaume-Uni avec sa famille. La banque BTA a réussi à reprendre 4 milliards de dollars des actifs d'Abliazov mais l'affaire des 2 milliards de dollars restants se poursuit.

    Moukhtar Abliazov a été arrêté le 31 juillet dans une villa près de Cannes grâce à des enquêteurs privés. Après son interpellation il avait déposé deux requêtes pour être libéré sous caution. Cependant, le tribunal les avait déclinées en estimant que la sécurité du banquier ne pourrait pas être assurée s'il se trouvait en dehors d'un établissement pénitentiaire.

    L'été dernier son épouse et sa fille avaient été arrêtées en Italie et extradées vers le Kazakhstan.

    La première a été accusée d'usage de faux. Selon le porte-parole du procureur général du Kazakhstan, l'épouse d'Abliazov Alma Chalabaeva a utilisé un faux passeport prétendument délivré par la République centrafricaine au nom d'Aian Alma.

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