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    Le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas

    Territoires palestiniens: l'Otan au lieu de l'occupation israélienne?

    © RIA Novosti. Mikhail Mordasov
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    La Palestine va être démilitarisée et les troupes israéliennes pourront rester en Cisjordanie et à Jérusalem-Est pendant cinq ans pour être ensuite remplacées par les forces de l'Otan sous l'égide des USA, a déclaré le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au journal New York Times, écrit mardi 4 février le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La Palestine va être démilitarisée et les troupes israéliennes pourront rester en Cisjordanie et à Jérusalem-Est pendant cinq ans pour être ensuite remplacées par les forces de l'Otan sous l'égide des USA, a déclaré le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au journal New York Times, écrit mardi 4 février le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Abbas a précisé la composition de la mission militaire qui assurera la sécurité des territoires palestiniens et la durée de son mandat. Le chef de l'Autorité palestinienne est prêt à autoriser l’armée israélienne – ou Tsahal - à rester sur ses territoires pour une durée de cinq ans avant de donner le feu vert aux troupes de l'Otan "pour longtemps et partout où elles le souhaiteraient, aux frontières occidentales et orientales, partout". Ces forces ne seront pas déployées pour protéger les Palestiniens mais pour rassurer les Israéliens, a-t-il ajouté.

    Gueorgui Mirski, expert à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) pense que Mahmoud Abbas a fait ces concessions au profit de Tel-Aviv car il se trouve dans l'impasse. Les différends concernant le sort de Jérusalem, les frontières, l'avenir des colonies israéliennes en Cisjordanie et les réfugiés palestiniens sont tellement insurmontables que ni les USA ni les partenaires européens n'ont réussi à lancer un dialogue permettant de nourrir le moindre espoir. Le règlement du conflit n'est simplement pas la priorité d'Israël.

    "Dans ces circonstances Abbas perd considérablement son autorité. Il a obtenu pour la Palestine le statut d'Etat non membre de l'Onu mais cela n'a rien apporté. Le sol se dérobe sous ses pieds et il pourrait entrer dans l'histoire comme le plus grand malchanceux", analyse l'expert.
    Et d’ajouter : "Côté israélien, il est impossible de faire fléchir Benjamin Netanyahou, d'autant que la droite a remporté les dernières élections et que les faucons jouent le premier rôle.Dans ces conditions Abbas a décidé d'aller au rapprochement".


    D’où sa décision de prolonger présence militaire israélienne de trois à cinq ans. En ce qui concerne l'Otan, le dirigeant palestinien a clairement annoncé son accord pour la présence de l'Alliance. Cependant, cette proposition d'Abbas convient-elle à Tel-Aviv ? Irina Zviaghelskaïa, experte de l'Institut d'études orientales, a rappelé que la question d'un appel aux forces extérieures avait été soulevée à plusieurs reprises par d'autres acteurs internationaux. Cela était supposé remédier aux préoccupations sécuritaires d'Israël, d'autant qu'il existe un précédent similaire au Moyen-Orient.


    Selon Gueorgui Mirski, Israël s'oppose catégoriquement à une mission de l'Onu qui serait composée de troupes asiatiques et africaines. Mais Tel-Aviv n'a rien à opposer à la présence de l'Otan - une organisation amie - et il lui sera plus difficile de s’opposer à cette situation.
    Israël devra chercher d'urgence des arguments tangibles pour bloquer également cette option.

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