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L'arme protectionniste des guerres commerciales

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La Russie est l’un des dix premiers pays au monde qui subit le plus de mesures antidumping contre ses marchandises. Son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lui permet de lutter contre ces restrictions en protégeant les intérêts des compagnies russes sur les marchés mondiaux, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La Russie est l’un des dix premiers pays au monde qui subit le plus de mesures antidumping contre ses marchandises. Son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) lui permet de lutter contre ces restrictions en protégeant les intérêts des compagnies russes sur les marchés mondiaux. Les experts remarquent que la Russie mène elle-même une politique protectionniste active en fermant son marché aux importations à bas prix pour soutenir les producteurs russes les moins compétitifs, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le Centre analytique auprès du gouvernement russe évoquait hier les restrictions commerciales adoptées contre les exportateurs russes sur les marchés extérieurs. Ce problème a toujours existé mais a une importance particulière à l'heure où l'économie russe frôle la stagnation.

Les indicateurs des échanges extérieurs n’évoluent pas du bon côté : en 2013 ils s'élevaient à un peu plus de 856 milliards de dollars et bien que les exportations restent supérieures aux importations d'environ 20%, la tendance est défavorable – en un an les importations ont augmenté de 2,6% tandis que les exportations ont diminué de 2,5%.

Anton Melnitchouk, chef de la direction en charge de l'OMC au Centre analytique, estime que la baisse des ventes de matières premières, qui constituent traditionnellement la base des exportations russes, s'explique par les difficultés traversées dans les pays développés. Le ralentissement de la croissance chinoise ne contribue pas non plus à l'augmentation des exportations russes. Les exportateurs russes souffrent également des barrières tarifaires et non tarifaires à l'encontre de leurs produits dans beaucoup de pays.

Au total, 79 mesures de restriction sont en vigueur contre les produits russes, dont 38 mesures antidumping. 10 nouvelles enquêtes ont été ouvertes l'an dernier contre la Russie par ses partenaires de l'OMC. Parmi les leaders en termes de limitations figurent les USA et l'Union européenne, mais aussi ses voisins proches comme l'Ukraine et la Biélorussie.

Les compagnies métallurgiques, les fabricants de tuyaux et d'engrais russes rencontrent les plus grands problèmes sur les marchés extérieurs. Fin 2013 Moscou a donc déposé une requête auprès de l'OMC sur la légitimité des mesures antidumping. Il s'agit de la première tentative de la Russie de défendre les intérêts de ses compagnies nationales exportatrices.

Le Centre analytique a pour tâche de préparer des demandes officielles pour les représentations commerciales et les organismes publics des pays étrangers, surveiller les prix des produits et services pour prouver aux partenaires étrangers, chiffres et faits à l'appui, que des mesures discriminatoires sur leurs marchés intérieurs empêchent la promotion de la production russe.

Selon l'économiste en chef de la banque HSBC en Russie et dans la CEI Alexandre Morozov, la Russie mène une politique protectionniste active. "Elle est sélective et s’applique à des secteurs et des types de produits en particulier. Cependant, il faut rappeler que l'établissement de barrières commerciales et non commerciales va à l'encontre des intérêts de l'économie russe elle-même en faisant perdurer l'inefficacité et en ralentissant la croissance", conclut Alexandre Morozov.

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