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    L'Europe à la recherche de nouveaux fournisseurs gaziers

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    Le gazoduc South Stream (382)
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    Gazprom a choisi une compagnie italienne pour construire la partie sous-marine du gazoduc South Stream, qui devrait permettre de contourner l'Ukraine, a annoncé le holding russe en fin de semaine dernière. Ces dépenses pourraient ne pas être rentables car l'Europe met justement le cap sur la réduction de sa consommation de gaz russe, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Gazprom a choisi une compagnie italienne pour construire la partie sous-marine du gazoduc South Stream, qui devrait permettre de contourner l'Ukraine, a annoncé le holding russe en fin de semaine dernière. Ces dépenses pourraient ne pas être rentables car l'Europe met justement le cap sur la réduction de sa consommation de gaz russe, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    De plus, la Commission européenne a suspendu ses négociations avec Moscou sur le South Stream et le gazoduc pourrait être frappé par des sanctions antirusses en raison de la situation en Crimée et en Ukraine.

    Gazprom a conclu un accord avec la société italienne Saipem pour construire le premier tronçon du gazoduc South Stream sous la mer Noire, entre la Russie et la Bulgarie. Saipem concevra et construira ce premier tube du gazoduc et aménagera les zones de croisement de la ligne littorale pour les quatre conduits parallèles. En particulier, il est prévu de construire quatre micro-tunnels de 1 km sur le littoral russe et bulgare, qui permettront d'éviter tout travail de terrassement ou de construction à la surface. Deux navires spéciaux procéderont à l'installation et à la soudure des tubes en mer. La profondeur maximale atteinte par le gazoduc sera de 2 200 mètres et sa partie maritime s'étendra sur 931 km. L'accord avec Saipem a coûté 2 milliards d'euros à Gazprom. Il est prévu de commencer l'installation du premier tube en automne 2014 et de le mettre en service d'ici la fin de l'année prochaine.

    La construction de la partie maritime du gazoduc est prise en charge par la société South Stream Transport, dont les actionnaires sont Gazprom (50%), la compagnie française EDF et le holding allemand Wintershall (15% chacun). 20% de la compagnie appartiennent au groupe italien Eni, dont la succursale Saipem construira le gazoduc. Par ailleurs, South Stream Transport a récemment signé un accord pour la livraison de 75 000 conduites de douze mètres pour le deuxième tube du South Stream. Leur coût est estimé à 800 millions d'euros.

    La construction du South Stream est appelée à diversifier les itinéraires de livraison du gaz russe en Occident. En particulier, ce projet permettra de contourner l'Ukraine et fournir en Europe 63 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit environ 15% de la demande européenne. Des accords ont été signés avec la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Grèce, la Slovénie, la Croatie et l'Autriche pour la construction de la partie terrestre. Le coût approximatif du South Stream dépasse 15 milliards d'euros et il est prévu de faire fonctionner le projet au maximum de ses capacités d'ici 2018.

    Selon l'agence de notation internationale Fitch Ratings, Gazprom a assuré l'an dernier près de 30% des besoins européens en gaz. Cependant les analystes de l'agence doutent que la crise ukrainienne ne laisse pas de traces pour le holding russe.

    Par ailleurs, l'UE évoque depuis longtemps la recherche de fournisseurs alternatifs de gaz. Cela concerne également les revendications de la Commission européenne concernant le projet South Stream car conformément à la législation européenne le propriétaire du gazoduc ne peut pas être à la fois l'exportateur à part entière.

    Après l'aggravation du conflit en Ukraine, la Commission européenne a décidé de profiter de la situation autour du South Stream pour faire pression sur la Russie. En particulier, le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger a annoncé la suspension des négociations sur le gazoduc. Selon lui, l'Europe se préoccupe aujourd'hui peu des fournitures de gaz et accorde la priorité à la solution diplomatique au problème du retrait des troupes russes de Crimée.

     

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