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    Commémoration des victimes du Génocide arménien (Archives)

    Génocide de 1915 : les Arméniens ne croient pas à la compassion turque

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    La reconnaissance et la négation du génocide arménien (72)
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    A la veille du 99ème anniversaire du génocide arménien, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a présenté ses condoléances aux descendants de la tragédie de 1915. C'est la première fois qu'un dirigeant turc soulève ce thème dans une allocution publique, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    A la veille du 99ème anniversaire du génocide arménien, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a présenté ses condoléances aux descendants de la tragédie de 1915. C'est la première fois qu'un dirigeant turc soulève ce thème dans une allocution publique, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    "C'est un devoir humain de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer les souffrances qu’ils ont endurées pendant cette époque", a déclaré le premier ministre.

    "Mais se servir des événements de 1915 comme un prétexte d’hostilité envers la Turquie et les transformer en conflit politique est inacceptable", a-t-il nuancé.

    Malgré tout, les Arméniens ne voient pas dans cette déclaration un pas vers le rapprochement entre Ankara et Erevan.

    "Les Arméniens ont bien essayé de voir dans cette déclaration la première tentative turque de regarder l'histoire en face. Malheureusement, il s'agit d'un nouveau reniement et d'une dissimulation plus sophistiquée du génocide arménien. Cette déclaration contient des thèses familières à la section de propagande turque – mettre le bourreau et la victime sur un même plan, déformer le lien de cause à effet, appeler à créer des outils pour revoir tous les faits historiques connus", commente Viguen Sargsian, chef de l'administration présidentielle arménienne. Selon lui, la Turquie doit reconnaître l'histoire et condamner inconditionnellement les crimes qui ont eu lieu.

    Erevan explique cette atténuation de la position du premier ministre turc par la situation géopolitique complexe.

    "La politique "zéro problème avec les voisins", voulue par Ankara et dans le cadre de laquelle la communauté internationale a imposé à Ankara d'établir des relations diplomatiques avec Erevan en 2008-2009, et de débloquer la frontière turco-arménienne, n'a pas apporté le résultat escompté. L'Azerbaïdjan, préoccupé par la perspective d'une normalisation des relations turco-arméniennes, a fait obstruction et conduit ce processus dans l’impasse", explique Amaïak Ovannissian, président de l'Association des politologues d'Arménie.

    D'après le politologue, en 2013 déjà le président arménien Serge Sargsian avait renoncé au dernier moment à la signature d'un accord d'association avec l'UE, convenu au cours des négociations avec l'Union européenne. Au lieu de cela, il avait annoncé en automne 2013 que l'Arménie souhaitait adhérer à l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Motif avancé par le président: l'impossibilité de parvenir à normaliser les relations turco-arméniennes. Et dans ces conditions, dans le but de renforcer sa sécurité nationale, Erevan a préféré l’intégration eurasiatique.

    "En omettant ce contexte politique, il est impossible d'apprécier à sa juste valeur la déclaration d'Erdogan à l'occasion du 24 avril. Sa déclaration vise en fait à réanimer les protocoles turco-arméniens signés six ans plus tôt, mais qui n'ont pas été paraphés par les parlements des deux pays", déclare Amaïak Ovannissian.

    La Turquie refuse de reconnaître le génocide arménien, car elle estime que personne n'avait l'intention d'"exterminer un groupe ethnique ou religieux spécifique".

    "L'Empire ottoman n'avait pas pour projet d'anéantir la nation arménienne en tant que telle", déclare Goumer Issaev, directeur de l'Institut turc d'études russes.

    Des messes de commémoration se sont tenues dans les églises arméniennes à travers le monde. Une marche funeste a été organisée hier à Erevan, des milliers de personnes ont défilé avec des cierges vers le mémorial dédié aux victimes de ce génocide qui a fait près de 1,5 million de morts.

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