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    Les USA évacuent leurs citoyens de Libye

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    La tension monte en Libye. Les autorités américaines tirent la sonnette d'alarme et appellent leurs concitoyens à quitter immédiatement le pays, théâtre d'affrontements violents entre l'armée du général Khalifa Haftar et les groupuscules islamistes, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La tension monte en Libye. Les autorités américaines tirent la sonnette d'alarme et appellent leurs concitoyens à quitter immédiatement le pays, théâtre d'affrontements violents entre l'armée du général Khalifa Haftar et les groupuscules islamistes, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les USA ont envoyé en Méditerranée le porte-hélicoptères USS Bataan avec mille fantassins de marine pour assurer la sécurité et évacuer le personnel de l'ambassade des Etats-Unis.

    "Pour des raisons de sécurité, le département d'Etat a laissé à l'ambassade des Etats-Unis à Tripoli un personnel réduit, qui pourrait garantir un service limité aux citoyens américains", annonce le communiqué du département d'Etat. Les autorités soulignent également que tous les Américains présents en Libye "doivent savoir qu'ils peuvent faire l'objet de kidnapping, d'attaques, voire d'assassinats". Ces craintes sont fondées: l'ambassadeur Christopher Stevens a été tué en septembre 2013 dans une attaque contre le consulat américain à Benghazi.

    Le 16 mai, le général Haftar a lancé à Benghazi l'opération militaire "Dignité". Son armée – des unités d'armée de terre et de l'air ayant quitté les forces armées de la Libye – combat les mouvement islamistes radicaux, y compris les extrémistes d'Ansar al-Charia. "Avec nos alliés, nous sommes déterminés à combattre le tyran Haftar", a déclaré le chef du groupe Mohamed al-Zahaoui. Le leader des islamistes a également affirmé que le "sort de Mouammar Kadhafi" attendait Haftar.

    Les affrontements de trois jours, y compris les attaques de chasseurs, ont coûté la vie à 80 personnes et ont fait des centaines de blessés. Les soldats de Haftar ont attaqué le bâtiment du Congrès général national (CGN) de Tripoli. Après quoi Mokhtar Fernana, ancien commandant de la police militaire, a proclamé le CGN illégitime et appelé à suspendre son travail. Les autorités centrales ont accusé Haftar d'organiser un coup d'Etat.

    "Ce qui s'est produit en Libye est typique des pays où le despotisme et la tyrannie cèdent la place à la pseudo-démocratie, le plus souvent à l'anarchie. Le colonel Kadhafi tenait le pays d'une main de fer mais son pouvoir ne s'est pas avéré suffisamment puissant - tout s'est soldé par son renversement et sa mort. Au final, le pays est un champ brûlé, un vide sans aucun système politique", a déclaré Gueorgui Mirski de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO).

    "La Libye se trouve actuellement dans un véritable état de délabrement. Une partie du pays est contrôlée par des groupuscules régionaux, une autre par les islamistes - à savoir les Frères musulmans et Ansar al-Charia, branche libyenne d'Al-Qaïda. Quel est le but du général Haftar? Transformer ces ruines en Etat intègre, l'unir sous l'égide d'une autorité", a déclaré Alexandre Ignatenko, président de l'Institut de religion et de politique.

    D'après l'expert, aucune autorité légitime n'est présente aujourd'hui en Libye et seule une main de fer, comme celle de Haftar, un dictateur potentiel, est capable de rétablir la stabilité. "Une Libye stable pourrait servir de ressource d'hydrocarbures pour l'Europe et de territoire de transit pour les hydrocarbures d'Afrique noire. C'est dans l'intérêt des pays européens de l'Otan, notamment de la France, du Royaume-Uni et de l'Italie", explique Alexandre Ignatenko.

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