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    L'Occident tente de sauver son projet démocratique en Irak

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    Aggravation de la situation en Irak (188)
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    La crise en Irak, provoquée par l'offensive de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et sa prise de contrôle d'une grande partie du pays, a forcé les États-Unis à prendre des mesures d'urgence pour sauver le projet occidental de restructuration de l'État irakien, écrit mardi 24 juin le quotidien Kommersant.

    La crise en Irak, provoquée par l'offensive de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et sa prise de contrôle d'une grande partie du pays, a forcé les États-Unis à prendre des mesures d'urgence pour sauver le projet occidental de restructuration de l'État irakien, écrit mardi 24 juin le quotidien Kommersant. Après sa visite à Bagdad le secrétaire d'État américain John Kerry évoquera aujourd'hui la situation en Irak avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui espèrent que le premier ministre Nouri al-Maliki réussira à former un nouveau gouvernement de coalition. Les islamistes ont déjà fait un pas vers la création d'un "État jihadiste" contrôlant la frontière avec la Syrie et la Jordanie.

    La situation en Irak échappe au contrôle des autorités centrales, forçant les forces de sécurité à battre en retraite sous la pression des combattants sunnites de l'EIIL. Les islamistes ont surtout progressé dans la province d'Anbar, majoritairement sunnite, à l'ouest du pays – région frontalière avec la Syrie et la Jordanie.

    L'escalade du conflit en Irak a révélé le fiasco du projet américain pour la restructuration de cet État après le renversement de Saddam Hussein. Ni les milliards d'injections financières, ni les années de présence militaire, ni les fournitures d'armes, ni la formation des forces de sécurité nationales par les instructeurs des USA et de l'Otan n'ont réussi à rendre stable le régime en place. L'offensive des forces de l'EIIL en quelques jours seulement a mis une croix sur les efforts de nombreuses années dans le cadre du projet de "restructuration démocratique" de l'Irak.

    Dans ces circonstances John Kerry s'est rendu d'urgence au Moyen-Orient. Il a visité le Caire dimanche dernier pour évoquer la situation irakienne avec son homologue égyptien Sameh Choukri, puis s'est rendu hier à Bagdad pour s'entretenir avec Nouri al-Maliki et les leaders des principales forces politiques du pays.

    La crise irakienne contraint l'administration Obama à revoir rapidement sa stratégie. Sachant que la marge de manœuvre des Américains est limitée. D'une part, Washington ne peut pas se permettre de se retirer complètement et laisser les islamistes renverser le régime laïque d'al-Maliki. De l'autre, les USA laissent entendre qu'il est hors de question de relancer une opération comme la campagne irakienne de Bush. Évitant habilement le scénario militaire, Barack Obama refuse de considérer la crise irakienne comme le résultat de la politique américaine dans la région. "Les États-Unis ne sont pas responsables de ce qui s'est produit en Libye et se passe actuellement en Irak", a déclaré John Kerry.

    Le secrétaire d'État évoquera aujourd'hui la situation irakienne avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg. Comme la déclaré la veille le ministre britannique William Hague, "l'UE soutient la position américaine, selon laquelle l'Irak a besoin d'une consolidation politique et de créer un gouvernement largement représenté avec la participation de toutes les principales forces politiques".

    Mais les forces de l'EIIL ont l'intention de mettre en œuvre leur propre scénario de remaniement de l'Irak, pour le transformer en "État jihadiste".

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