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    L'Irak sans président ni premier ministre

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    Aggravation de la situation en Irak (188)
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    En Irak le président, le premier ministre et le président du parlement ne sont toujours pas connus, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    En Irak le président, le premier ministre et le président du parlement ne sont toujours pas connus, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les députés sunnites et kurdes ont quitté la session parlementaire quand les chiites ont refusé de nommer le nouveau premier ministre.
    Cette impasse politique se double d'un conflit militaire sur une grande partie du territoire irakien. Selon les experts, seule une effusion de sang permettra d'empêcher la dislocation du pays, d'autant que les Kurdes ont  l'intention de proclamer leur indépendance.

    Les représentants politiques des trois principales communautés religieuses et ethniques n'ont pas réussi à trouver un compromis, qui aurait permis d'empêcher l'effondrement de l'Irak. Mardi, les députés réunis pour la première session du parlement élu en avril n'ont pas pu trouver un terrain d'entente mais ont même commencé à s'accuser mutuellement de trahison.

    A la veille de l'ouverture de la session, les observateurs espéraient que le parlement réussirait à former un gouvernement d'unité nationale convenant aussi bien aux chiites
    (majoritaires dans le pays) qu'aux sunnites et aux Kurdes. Cependant, les députés chiites ont refusé d'annoncer le nom du premier ministre qui succéderait à Nouri al-Maliki, après quoi les sunnites et les Kurdes ont quitté la session. Il est peu probable que le parlement se réunisse à nouveau avant la semaine prochaine, prédit l'agence de presse américaine Reuters.

    Après le renversement de Saddam Hussein en 2003 par les États-Unis et le Royaume-Uni, l'État fonctionnait grâce à une entente impliquant la séparation des pouvoirs entre les représentants des trois communautés. Le premier ministre a toujours été chiite, le président du parlement était sunnite, et les Kurdes récupéraient le poste de président, qui avait surtout des fonctions protocolaires.

    Les partisans d'al-Maliki constituent le groupe parlementaire Dawa, majoritaire, qui s'est réuni à plusieurs reprises sans parvenir à confirmer la candidature de son leader pour un troisième mandat ou annoncer une candidature alternative. Ce à quoi les partis sunnites ont répondu qu'ils n'avanceraient pas leur candidature de président du parlement tant que les chiites ne choisiraient pas un premier ministre. Les Kurdes n'ont pas non plus annoncé leur candidat à la présidence.

    La crise politique dans la capitale a été aggravée par la déclaration de Massoud Barzani, leader du Kurdistan irakien. Il a déclaré dans une interview accordée à la BBC qu'il comptait organiser un référendum sur l'indépendance dans les mois à venir. Il n'a pas précisé la date mais l'heure du référendum est venue car, selon lui, "l'Irak est déjà divisé".

    "Le gouvernement demande à Washington d'accorder une assistance militaire au pays.
    Les sunnites en concluent que les Américains sont du côté des chiites, et donc contre eux. Et on ne parvient pas à persuader les gens du contraire. Alors que les termes "extrémistes", "radicaux" et "islamistes" ne fonctionnent pas dans ce pays. Du coup, on constate un énorme fossé entre l'"image internationale" de la situation et la vision de celle-ci par les Irakiens", explique
    Andreï Ostalski, expert orientaliste.

    En ce qui concerne les déclarations des leaders kurdes, l'expert rappelle qu'ils sont à 90% sunnites. "Mais ils ne ressentent aucune solidarité sunnite et s'identifient comme kurdes.
    Ils rêvaient de leur indépendance depuis des siècles. Ils étaient retenus par la pression des USA et de l'Occident. D'autant que la proclamation d'indépendance sera perçue comme une trahison à Bagdad. Cependant, quand survient un tel mouvement de masse pour l'autodétermination, il est très difficile de le stopper", conclut l'expert.

    Dossier:
    Aggravation de la situation en Irak (188)

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