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    Les sanctions russes ont pris l'UE au dépourvu

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    Riposte russe aux sanctions de l’Occident (183)
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    Les pays visés par les sanctions russes depuis le 6 août – les USA, l'UE, l'Australie, le Canada et la Norvège – pourraient être sérieusement touchés économiquement, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    Les pays visés par les sanctions russes depuis le 6 août – les USA, l'UE, l'Australie, le Canada et la Norvège – pourraient être sérieusement touchés économiquement, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    La Russie a en effet interdit l'importation de viande, de produits laitiers, de poisson et d'autres produits de la mer, de légumes, de plantes-racines, de noix et de fruits en provenance de ces pays. Les sanctions auront avant tout des répercussions sur l'Union européenne – premier partenaire commercial de la Russie. Le délégué permanent de l'UE en Russie, Vygaudas Usackas, a estimé les pertes pour l'UE à 12 milliards d'euros.

    Dans la matinée du 7 août déjà, les producteurs de poires belges ont exprimé leur préoccupation, étant donné que 80% de leur marchandise est dirigée vers la Russie. La réaction des Néerlandais ne s'est pas non plus fait attendre: les Pays-Bas sont le deuxième plus grand exportateur de produits agricoles et de fruits et légumes en Russie.

    Le premier ministre finlandais Alexander Stubb a souligné que la Russie était le troisième acheteur mondial de produits finlandais et que ces sanctions pourraient avoir un impact pour les producteurs du pays, sachant que la croissance du PIB national en 2014 était déjà projetée à 0,2% seulement par le ministère des Finances. Selon le directeur exécutif de l'Association finlandaise de l'industrie alimentaire Heikki Juutinen, il sera difficile de trouver une alternative au marché russe car 25% des exportations des produits alimentaires finlandais étaient jusque-là destinés à la Russie - avant tout du beurre, des fromages et des yaourts pour environ 400 millions d'euros par an.

    Le président de la Chambre de commerce et d'industrie lettone Janis Endzins pense également que les sanctions se reflèteront sur le PIB letton. D'après Arnold Babris, directeur de la plus grande usine de production de conserves de poisson Brivais Vilnis, 91% des conserves lettonnes partent en Russie et il sera extrêmement difficile de se réorienter vers d'autres marchés.

    La Pologne n'est pas plus optimiste. Le ministre de l'Agriculture Marek Sawicki a déclaré qu'il sera difficile de trouver une alternative parce qu'aucun changement majeur n'est à prévoir sur les marchés des pays tiers.

    La situation n'est pas non plus réjouissante pour les pays du sud de l'Europe, notamment la Grèce. Les producteurs locaux espèrent encore que les autorités russes ne maintiendront pas les restrictions pendant un an et les lèveront prochainement.

    En revanche, ces sanctions sont une opportunité pour les producteurs alimentaires des pays qui ne sont pas frappés par l'interdiction. En particulier, le Brésil s'est dit prêt à fournir 150 000 tonnes de viande de volaille supplémentaires au courant de l'année (la Russie en importe actuellement près de 60 000 tonnes par an). Quant à la viande, les autorités russes sont en consultations sur l’élargissement des importations avec des représentants commerciaux d'Argentine, du Brésil, de Chili et de l'Equateur.

    Par ailleurs, l'UE se penche déjà sur une réponse aux sanctions russes, notamment un blocage de la Russie au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevicius a déclaré que "les interdictions commerciales à grande échelle politiquement motivées étaient une violation directe des normes de l'OMC".

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