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    Les pays amis de la Russie trouvent un moyen d'annuler l'effet de l'embargo

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    Riposte russe aux sanctions de l’Occident (184)
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    Les sanctions de la Russie frappant les produits alimentaires occidentaux redessinent complètement la logistique d'approvisionnement dans les pays de l'Union douanière, l'ex-Yougoslavie et en Amérique latine, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Les sanctions de la Russie frappant les produits alimentaires occidentaux redessinent complètement la logistique d'approvisionnement dans les pays de l'Union douanière, l'ex-Yougoslavie et en Amérique latine, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    D'ici la fin de l'année, la Biélorussie a par exemple l'intention d'assurer jusqu'à la moitié des fournitures de certains produits frappés par l'embargo en Russie. Au final, le pays devrait adopter un schéma logisitque complètement transformé: exporter plus de matières premières en Russie; compenser le déficit créé sur son marché intérieur en important plus de produits occidentaux; et mettre en place une transformation bon marché des matières premières de l'UE en passant par des moyens détournés. Malgré tout, l'incertitude quant à la durée de l'embargo empêche la Russie d'investir dans sa sécurité alimentaire à long terme vis-à-vis de l'Occident.

    L'enthousiasme affiché ces deux dernières semaines par les hauts fonctionnaires russes, qui parlent de nouvelles opportunités de remplacer les fournitures de poisson, de viande, de produits laitiers et de légumes des pays concernés par l'embargo russe, ne s'explique pas par la découverte soudaine d'un excès de produits alimentaires sur le marché mondial. Immédiatement après l'annonce de l'embargo alimentaire par Moscou la Serbie, la Macédoine, le Chili, l'Equateur, le Brésil, l'Argentine et les pays de l'Union douanière (la Biélorussie et le Kazakhstan) se sont dit prêts à démultiplier leurs exportations en Russie. Mais les autorités des pays latino-américains se trouvent sous la pression permanente de l'UE et des USA, qui cherchent à limiter les fournitures en Russie. Les pays de l'Union douanière et de l'Europe du Sud sont appelés à devenir la nouvelle plaque tournante commerciale pour rétablir les exportations interdites en Russie, affirment les analystes et les acteurs du marché: les solutions ont déjà été trouvées.

    Par ailleurs, les experts sont persuadés que l'embargo russe ne sera pas surmonté par des réexportations directes. Depuis son entrée en vigueur il y a deux semaines, des solutions presque légales pour les nouveaux partenaires russes ont été trouvées pour rendre inutiles les sanctions pour la Russie elle-même, en compensant à l'UE, aux USA, à l'Australie et à la Norvège leurs pertes sur le marché russe grâce à leurs importations – et ce, avec des pertes pour les consommateurs et les producteurs russes.

    Ainsi, même les plans de la Biélorussie d'augmenter les fournitures des produits alimentaires de 50% d'ici la fin de l'année en Russie jusqu'à 6,5 milliards de dollars risquent de réduire à néant l'effet des mesures de rétorsion. De facto, la Biélorussie dispose d'un couloir vert pour les fournisseurs de matières premières alimentaires en provenance des pays frappés par les sanctions russes. Selon le ministre biélorusse de l'Agriculture Leonid Zaïats, il est prévu de gagner 2,1 milliards de dollars rien que sur les exportations de viande et de produits laitiers. Sachant que les pertes directes des pays de l'UE des restrictions alimentaires sont évaluées à 7-9 milliards de dollars, seules les compagnies biélorusses ont l'intention de compenser entre la moitié et un tiers de ces pertes.

    Pratiquement tous les acteurs du marché interrogés sont toutefois convaincus que les réexportations directes ne sont pas le plus important: les agriculteurs biélorusses et kazakhs ont parfaitement les moyens d'envoyer des quantités maximales de matières premières et de produits transformés sur leur territoire vers le marché russe, en les remplaçant par des marchandises importées.

    Par ailleurs, les macroéconomistes et les acteurs du marché sont persuadés que de toute façon, ce sont les consommateurs nationaux qui devront payer l'embargo russe: les solutions choisies par les partenaires russes limitent quand même l'offre et la concurrence sur le marché russe et pour cette raison provoqueront une hausse des prix en Russie.

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