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    Europe de l'Est et de l'Ouest se partagent les postes clés à Bruxelles

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    Le premier ministre polonais Donald Tusk sera le nouveau président du Conseil européen, et la ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini occupera le poste de haute représentante pour les affaires étrangères, écrit lundi le quotidien Novye Izvestia.

    Le premier ministre polonais Donald Tusk sera le nouveau président du Conseil européen, et la ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini occupera le poste de haute représentante pour les affaires étrangères, écrit lundi le quotidien Novye Izvestia.

    Ainsi, l'ancienne et la nouvelle Europe ont procédé à une sorte d’échange: le poste de président européen revient à la partie Est du continent, et c'est une représentante de l'Ouest qui sera chef de la diplomatie. Les nouveaux fonctionnaires européens se distinguent également par leur attitude vis-à-vis de la Russie. Tandis que Donald Tusk affiche une position intransigeante envers Moscou, Federica Mogherini a même été critiquée pour ses dispositions pro-Kremlin.

    Le sommet de l'UE qui s'est tenu à Bruxelles le week-end dernier avait des airs de marchandage. Les anciens et les nouveaux membres de l'UE se sont partagé les fonctions au sein de la direction de l'UE, qui seront prises dans deux mois. Herman van Rompuy, président du Conseil européen, sera remplacé par Donald Tusk. Catherine Ashton cèdera sa place à Federica Mogherini.

    Les dirigeants européens devaient déjà nommer les candidats à ces postes clés au sommet de juillet, mais de fortes divergences les en avaient empêché. Ce fut un succès cette fois. Les débats ont tourné principalement autour de la candidature de la haute représentante pour les affaires étrangères. Le centre et l'Est du Vieux Continent s'opposaient à la nomination de la ministre italienne de 41 ans à ce poste. Les nouveaux membres de l'UE estimaient que Federica Mogherini n'avait pas l'expérience diplomatique suffisante pour occuper une fonction aussi importante et qu'elle avait une position trop amicale envers la Russie. Au sommet de juillet la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a même ouvertement déclaré que l'Italienne était "pro-Kremlin".

    Cependant, Federica Mogherini bénéficie du soutien inconditionnel du premier ministre italien Matteo Renzi, qui a une certaine influence, d'autant que l'Italie préside actuellement le Conseil de l'Europe. C'est précisément ce qui semble avoir joué un rôle décisif dans la nomination du futur chef de la diplomatie. Les membres de l'Europe centrale et orientale ont levé leurs objections et obtenu en échange le poste de président du Conseil européen – peu influent mais honorable. La nomination de Donald Tusk, 57 ans, a été perçue en Pologne comme la preuve de l'entrée du pays dans le rang des Etats européens importants. Cela ressemble plutôt à un geste symbolique témoignant de la dérive continue de l'Europe vers une confrontation avec Moscou. Après tout, la Pologne fait partie des principaux critiques de la politique russe en Ukraine.

    Toutefois, les fonctions de Mogherini restent également restreintes de facto. Sur le papier, le commissaire européen aux Affaires étrangères doit coordonner et définir la politique étrangère de toute l'Europe. Or, en réalité, l'influence sur celle-ci est fortement limitée par les poids lourds européens – l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, qui protègent jalousement leur influence sur la politique étrangère de l'UE.

    La nouvelle direction de l'Europe devrait commencer son travail début novembre. La date exacte dépend de l'approbation de la composition intégrale de la Commission européenne, soit 28 membres. Par ailleurs, son nouveau président Jean-Claude Juncker n'a pas encore sélectionné toutes les candidatures.

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