Les islamistes menacent la Russie de déclencher une guerre dans le Caucase

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Après avoir diffusé les images de la décapitation du journaliste américain Steven Sotloff, les combattants de l'Etat islamique (EI) ont publié une autre vidéo adressée au président russe Vladimir Poutine et au dirigeant syrien Bachar al-Assad, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa Gazeta.

Après avoir diffusé les images de la décapitation du journaliste américain Steven Sotloff, les combattants de l'Etat islamique (EI) ont publié une autre vidéo adressée au président russe Vladimir Poutine et au dirigeant syrien Bachar al-Assad, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa Gazeta. Les terroristes menacent de provoquer une guerre sanglante dans le Caucase et en Tchétchénie, ainsi que de rendre visite au président syrien "en avion".

Suite à ces menaces, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a promis une "riposte intransigeante". "Je déclare en toute responsabilité que ceux qui ont eu l'idée de menacer la Russie et de prononcer le nom du président de notre pays Vladimir Poutine sera éliminé là où il l'a fait", écrit-il sur sa page Instagram.

Le chef de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement) Mikhaïl Marguelov a déclaré qu'un centre extrêmement dangereux du "califat mondial" se formait dans le Moyen-Orient. Mikhaïl Marguelov a également souligné que les menaces d'attaques terroristes dans le Caucase devaient être prises au sérieux.

"Des succursales de l'EI sont effectivement présentes en Russie, pas seulement dans le Caucase du Nord mais aussi dans le sud du pays. Il s'agit de deux groupes: Ansar al-Charia, ce qui signifie "les partisans de la charia", et Ansar al-Sunna, ce qui se traduit comme "partisans de sunna", précise le président de l'Institut pour la religion et la politique Alexandre Ignatenko. L'expert ajoute que c'est bien des jihadistes des unités russes de l'EI qui avaient commis deux attentats à Volgograd en décembre 2013.

"Le risque est très élevé. Pour la première fois dans l'histoire des terroristes s'emparent de vastes territoires et d'armes modernes, ils ont beaucoup d'argent et recrutent des dizaines de milliers de personnes à travers le Moyen-Orient, tout le monde islamique, y compris des individus avec des passeports européens. Demain ces terroristes européens pourraient se retrouver en France, en Allemagne, en Belgique et en Suède", souligne Evgueni Satanovski, président de l'Institut du Proche-Orient.

Dans une conférence de presse avec le président estonien Toomas Hendrik Ilves, Barack Obama a noté que les USA avaient pour objectif de former une coalition afin d'affaiblir et d'anéantir l'Etat islamique. Le locataire de la Maison blanche est convaincu que la lutte contre ce mouvement extrémiste doit être "internationale" et que la victoire sur l'EI est "possible, mais demandera du temps".

Evgueni Satanovski est persuadé que les discours de ce genre ne contribuent pas à lutter efficacement contre le califat. L'expert est très sceptique quant au rôle des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI. Il affirme qu'Obama a commis une erreur en retirant les troupes américaines d'Irak, déliant de facto les mains du mouvement islamique. Selon lui, le président américain refuse de reconnaître publiquement son erreur, n'entreprend aucune action décisive pour lutter contre les islamistes de l'EI et est avare en commentaires concernant les événements associés aux activités des extrémistes, y compris l'exécution du journaliste américain Steven Sotloff. D'après l'expert, le président ne veut pas reconnaître son incompétence en changeant d'avis sur la nécessité de retirer les troupes. Pour l'instant il ne lutte contre le terrorisme islamiste qu'en paroles.

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