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    Trois autres avions auraient pu connaître le sort du Boeing malaisien

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    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine (282)
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    Le Bureau d’enquête néerlandais pour la sécurité (OVV) a publié un rapport préliminaire sur le crash du vol MH17 en Ukraine, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Le Bureau d’enquête néerlandais pour la sécurité (OVV) a publié un rapport préliminaire sur le crash du vol MH17 en Ukraine, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Il révèle que l'état technique de l'appareil était correct et que les conversations entre les pilotes ne témoignaient d'aucune inquiétude avant la catastrophe. Le Boeing semble avoir été abattu par un missile mais le document ne désigne pas le responsable de cette tragédie. Par ailleurs, l'enquête ne fait état d'aucun signe de manipulation des boîtes noires de l'appareil. Le rapport final sera rendu public dans le courant de l'année.

    Le premier rapport officiel sur la catastrophe ne rend pas l'équipage responsable du crash et ne pointe aucune défaillance technique de l'avion. L'examen des débris de l'appareil confirme la thèse selon laquelle il aurait été abattu par un missile.

    Les experts n'ont pas encore réussi à procéder à un examen détaillé des débris mais les images disponibles montrent que des parties de fragments ont été percées à plusieurs endroits, rapporte l'agence Interfax. La nature des dégâts sur la coque et la cabine de l'appareil coïncide avec ce qu'on pourrait attendre d'un impact d'un grand nombre d'objets avec une énergie élevée pénétrant dans l'appareil de l'extérieur. "Il est fort probable que ces dommages ont entraîné la perte de l'intégrité structurelle de l'avion, causant sa désintégration en plein vol. Cela explique également l'arrêt soudain de l'enregistrement des données par les boîtes noires, la perte de contact avec le contrôle aérien et la disparition de l'avion des radars."

    La publication du rapport n'apporte donc aucune surprise. Cependant, le quotidien britannique The Guardian relève que trois autres avions de ligne se trouvaient à une proximité dangereuse du vol MH17 - deux Boeing 777 et un Airbus A330. Les contrôleurs aériens de Dniepropetrovsk essayaient de garantir une certaine distance entre les appareils et avaient demandé au vol MH17 de s'élever de 2 000 pieds pour éviter de croiser un autre Boeing.

    Selon la presse occidentale, les enquêteurs néerlandais ont tiré leurs conclusions à partir des enregistrements des boîtes noires, des conversations avec les contrôleurs aériens, des images satellites (probablement américaines) et des photos prises au sol.

    En règle générale, les missiles n'atteignent pas leur cible directement. Ils explosent à proximité en dispersant des éclats sur le point visé. La BBC affirme que les deux parties en conflit utilisent des armes identiques. Pour découvrir qui a commis cette horrible erreur, les enquêteurs doivent déterminer où se trouvait exactement le missile avant son lancement. Il faut pour cela comparer les données radar avec les dépositions des témoins.

    Les experts interrogés ont indiqué que les informations disponibles en accès ouvert étaient insuffisantes pour permettre aux observateurs indépendants de tirer des conclusions précises sur les causes du crash du Boeing. Pour cela, il faudrait avant tout avoir accès aux conversations des contrôleurs aériens et aux informations radiotechniques des services de renseignements. De plus, le groupe chargé actuellement de l'enquête sur les causes de l'incident a forcément accès aux conversations de l'équipage enregistrées par les boîtes noires, par conséquent on se demande pourquoi ces communications n'ont toujours pas été rendues publiques. Il faut visiblement s'attendre par la suite à une sorte de version synthétique des événements qui, toutefois, ne contiendra pas d'indications directes concernant la partie responsable.

    Cette enquête était menée en conformité avec l'accord de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui prescrit comment doivent se dérouler les investigations. Leur but consiste à améliorer la sécurité des vols et établir la responsabilité de l'incident. L'enquête s'est déroulée en collaboration avec des spécialistes britanniques, allemands, australiens, malaisiens, américains, ukrainiens et russes.

    Dans quelle mesure ce rapport est-il objectif? Hélas, il était préparé dans le contexte d'une puissante guerre médiatique. Le gouvernement ukrainien et les dirigeants occidentaux affirmaient que la faute reposait sur les "séparatistes prorusses". Cependant, le président de la république populaire de Donetsk autoproclamée Alexandre Zakhartchenko affirme que les insurgés ne disposaient pas d'armes capables d'abatte un Boeing. Les experts internationaux ont fait sortir hors de la république tous les débris de l'avion nécessaires à l'enquête. "Il reste probablement des fragments qu'ils n'estiment pas importants pour leurs recherches", explique Alexandre Zakhartchenko.

    Dossier:
    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine (282)

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