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    Poutine a-t-il menacé l'UE et l'Otan?

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    Tous les grands médias allemands ont publié hier leur vision des dangers émanant de la Russie, écrit vendredi 19 septembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Tous les grands médias allemands ont publié hier leur vision des dangers émanant de la Russie, écrit vendredi 19 septembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Le Frankfurter Allgemeine Zeitung rapporte que "Poutine a fermement menacé l'Europe" et le Spiegel titre pour sa part: "Poutine a menacé d'envahir Riga et Varsovie".

    C'est le Sueddeutsche Zeitung munichois qui a déclenché cette avalanche d'informations.
    Le quotidien rapporte en effet que le président russe se serait exprimé en ces termes: "Si je le voulais, des troupes russes pourraient être déployées en deux jours non seulement à Kiev mais aussi à Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Bucarest".

    Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a qualifié de "nouvelle désinformation" les communiqués des médias allemands sur ces prétendues déclarations de Vladimir Poutine à l'égard de plusieurs capitales européennes, qu'il aurait faites lors d'une conversation téléphonique avec le président ukrainien Piotr Porochenko. "Il vient d'y avoir un incident, qui est déjà épuisé. Nous n'estimons plus possible de faire attention aux communiqués de ce genre", a déclaré Dmitri Peskov à la radio Echo de Moscou.

    Même le porte-parole de la Commission européenne a jugé raisonnable de ne pas faire de commentaires sur les spéculations de la presse.

    Quant à la déclaration en soi, le quotidien dit disposer d'un enregistrement de la conversation entre Porochenko et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso réalisé par le Service européen pour l'action extérieure (SEAE). La revue ajoute que
    "d'après l'enregistrement de la conversation, Porochenko a rapporté la prétendue déclaration de Poutine pour montrer comment ce dernier rejettait émotionnellement l'influence de l'UE sur les Etats voisins de la Russie".

    Récemment, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait lancé le même type de scandale. Ce dernier avait déclaré aux participants du sommet de l'UE avoir entendu Poutine menacer de "prendre Kiev". Bruxelles a étouffé le scandale après que les autorités russes se sont dites prêtes à rendre publique l'intégralité de la conversation à laquelle se référait le fonctionnaire européen. Mais à l'époque la blitzkrieg était promise en deux semaines. Aujourd'hui les troupes russes seraient soi-disant prêtes à prendre plusieurs autres capitales en deux jours.

    Bien évidemment, même les médias eux-mêmes ne prennent pas ces menaces russes pour de l'argent comptant. Et certains journalistes disent qu'en évoquant cette menace Porochenko veut simplement obtenir des armes de l'Otan – ce dont il est d'ailleurs question dans le cadre de sa visite au Canada et aux Etats-Unis. La chancelière allemande Angela Merkel, qui a téléphoné à Vladimir Poutine lundi, a insisté sur le "retrait total des troupes russes" d'Ukraine.

    Manifestement, le Sueddeutsche Zeitung a obtenu l'enregistrement du SEAE avec l'aide des instances gouvernementales de Berlin. Le quotidien Bild rapporte parallèlement que de nouveaux complexes antiaériens Pantsir auraient été aperçus dans l'est de l'Ukraine, ce qui est confirmé dans l'une des réponses du gouvernement fédéral aux requêtes parlementaires, qui se réfère aux renseignements allemands. Visiblement, comme les manœuvres de l'Otan près de Lvov, les rumeurs de menaces militaires servent directement à voiler la préparation de livraisons occidentales d'armes à Kiev.

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