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    Le Parlement européen appelle à couper les contacts économiques avec la Russie

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    Sanctions contre la Russie (826)
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    Le Parlement européen a adopté hier une résolution très dure sur le thème russo-ukrainien, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Le Parlement européen a adopté hier une résolution très dure sur le thème russo-ukrainien, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Les députés ont condamné Moscou pour "la guerre hybride menée contre son voisin" et ont appelé les gouvernements de l'UE à élargir les sanctions contre la Russie en suspendant la coopération économique et en l'excluant du système international de paiement SWIFT. La disposition radicale des députés européens a montré qu'en dépit des progrès dans le processus de paix en Ukraine, l'Europe continue de voir la Russie comme la principale responsable de la crise. Et bien que les gouvernements des pays de l'UE ne soient pas obligés de tenir compte de l'avis des députés européens, le résultat du vote à Strasbourg crée un fond émotionnel très désagréable pour Moscou.

    Selon le Parlement européen, l'élargissement des sanctions devrait inclure l'annulation des accords avec la Russie dans le secteur énergétique, notamment le projet de gazoduc South Stream, ainsi que la suspension des livraisons en Russie de produits qui n'étaient pas jusque-là concernés par les sanctions de l'UE, "notamment les biens et technologies à double usage (qui peuvent utilisés tant à des fins civiles que militaires) et les armes". Les dirigeants des pays de l'UE ont été invités à octroyer un statut stratégique aux sites d'infrastructure gazière et à réglementer la part des entreprises tierces dans ce secteur.

    Les députés ont souligné la justesse de la récente décision de la France de reporter la livraison des porte-hélicoptères Mistral à la Russie.

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    Les autorités russes avaient envisagé la possibilité d'êtres exclues du système SWIFT  au printemps déjà, quand les systèmes internationaux de paiement Visa et MasterCard avaient cessé d'assurer le service pour les cartes de crédit émises par les banques russes touchées par les sanctions. En cas de "débranchement" du système SWIFT, c'est avant tout les transferts transfrontaliers et entre clients des banques russes qui seraient remis en question. En Russie même, il est possible d'assurer les virements en contournant le SWIFT grâce au système de paiement de la Banque centrale. Dans le contexte des menaces européennes, la Russie a déjà commencé à se préparer à une éventuelle déconnection: début août, la Banque centrale a songé à la création d'un analogue russe du SWIFT. La coopérative SWIFT a vivement réagi hier en déclarant que cette résolution constituait une "ingérence disproportionnée dans le droit fondamental de SWIFT à faire des affaires, et dans son droit à la propriété".

    Par ailleurs, selon les experts, la décision des députés européens ne pourra pas changer foncièrement la politique de sanctions de l'UE vis-à-vis de la Russie. "Ce n'est rien de plus qu'une opinion critique, habituelle pour l'Occident à l'heure actuelle. Les vraies décisions seront prises par les chefs d'Etat et de gouvernement, et elles seront plus modérées. Parce que toutes les mesures prises jusqu'ici étaient tolérables pour les entreprises, alors que dans le cas présent on soulève des questions à double-tranchant", estime Sergueï Outkine du Centre d'analyse situationnelle de l'Académie des sciences de Russie.

    D'après lui, le débranchement de la Russie du SWIFT présente également des risques pour l'Europe elle-même car les banques étrangères n'ont aucun autre moyen d'informer les banques russes des paiements effectués - par exemple pour la livraison du gaz. "Pour adopter de telles mesures l'UE devra persuader un cercle de pays bien plus large. La décision dépendra des banques présentes dans le système, et pas seulement européennes. La Chine et l'Inde s'opposeront très certainement à cette initiative. D'autant que l'Europe serait également touchée et c'est là que l'intérêt des entreprises européennes pour la poursuite de la coopération avec la Russie pourrait jouer son rôle. De plus, le mécanisme interétatique de prise de décisions en UE permettrait très facilement de bloquer ce genre de décisions si certains pays se prononçaient contre. Enfin, cette mesure pourrait s'avérer tout bonnement inefficace, comme dans le cas de l'Iran", conclut l'expert.

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