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    Deux Russes sur trois souhaitent la normalisation des relations avec l'Occident

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    La part des citoyens russes jugeant les relations entre la Russie et l'UE-USA comme hostiles a triplé ces huit derniers mois, selon un sondage du centre Levada consacré au thème des ennemis et partenaires étrangers de la Russie, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La part des citoyens russes jugeant les relations entre la Russie et l'UE-USA comme hostiles a triplé ces huit derniers mois, selon un sondage du centre Levada consacré au thème des ennemis et partenaires étrangers de la Russie, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    79% des personnes interrogées estiment que les USA, l'Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni sont des ennemis de la Russie, qui cherchent à régler leurs problèmes en se servant d'elle et n'hésitent pas à nuire à ses intérêts à chaque occasion qui se présente. Il y a quatre ans, sur la vague du "redémarrage", de la modernisation et du rapprochement avec l'Occident annoncés par les autorités russes, 44% des Russes étaient de cet avis. 84% de la population est persuadée aujourd'hui que la Russie a des ennemis.

    La conviction que l'Occident a une attitude hostile envers la Russie est probablement le principal motif, mais pas le seul à avoir de l'importance selon les sociologues. 36% des personnes interrogées ont reconnu être plutôt ou très préoccupées par l'isolement croissant du pays par rapport au monde occidental – soit plus d'un tiers de la population. L'opinion de ce groupe se maintient ou se forme dans un contexte où les autorités et la télévision publique cherchent à persuader la population que, par exemple, les sanctions ne sont pas à craindre et même qu'elles sont utiles pour l'économie russe. Qui plus est, 66% estiment que la Russie a plutôt ou absolument besoin de normaliser les relations avec les USA et d'autres pays occidentaux.

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    Le cercle des partisans de la normalisation des relations avec l'Occident et des opposants à l'isolement est largement plus grand que celui des politiciens de l'opposition, de leurs collaborateurs qui critiquent le pouvoir des journalistes et des publicistes, qui participaient aux manifestations anti-Kremlin. Il est si large qu'il est pourvu d'un potentiel électoral conséquent.

    Les observateurs et les proches du pouvoir remarquent que l'élite, qui a obtenu un mandat pour diriger l'Etat, représente les intérêts de la majorité tout en tenant compte de ceux de la minorité. Mais comment cela fonctionne-t-il concrètement? Dans les pays disposant d'un système de concurrence politique développé, les groupes sociaux opposés sont à peu près égaux quantitativement. Plus encore, leur composition, structure et nombre peuvent varier. En outre, il existe toujours des indécis, c'est-à-dire une minorité significative dont la voix décide de l'issue de la course électorale entre deux rivaux de force équivalente. Ces facteurs présents en permanence poussent le gouvernement à tenir compte des intérêts de la minorité.

    Mais le système de concurrence politique n'est pas développé en Russie, c'est pourquoi les opinions et les intérêts de la minorité, même si cette dernière représente un tiers de la population, sont pris en compte selon la volonté du gouvernement. La logique de l'élection et l'obtention d'un mandat ne l'obligent pas à le faire. Sachant que le rapport de forces demeure stable, les conditions actuelles dans le pays ne sont pas réunies pour le développement et l'augmentation de la classe moyenne – la plus intéressée par la normalisation des relations avec l'Occident.

    Selon le dernier rapport du holding Minchenko Consulting publié le 22 octobre, le processus de démantèlement des éléments du duumvirat Poutine-Medvedev est achevé. Selon eux, il s'agirait non seulement de transformer Dmitri Medvedev en premier ministre technique, mais également de réduire le potentiel de ressource des groupes qui cherchaient à se positionner comme des communicateurs avec les élites de l'Occident et partisans de l'idéologie libérale. Aujourd'hui, ces communicateurs ne sont pas sollicités. Entre temps, c'est précisément la partie de l'élite unie autour de Medvedev qui pourrait témoigner de sa sympathie aux préoccupations d'un tiers de la population par l'isolement de la Russie et à la volonté des deux tiers de la population de normaliser les relations avec l'Occident.

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