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    2015: une année d'épreuves pour la Russie

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    L’année 2014 avait commencé dans l'attente des Jeux olympiques de Sotchi, rappelle mercredi 31 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    L’année 2014 avait commencé dans l'attente des Jeux olympiques de Sotchi, rappelle mercredi 31 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Comme Poutine avait arrêté Obama de manière spectaculaire sur la question syrienne, on avait l’impression qu’après les JO le président russe atteindrait le sommet de sa popularité et de l’autorité mondiale - mais la cérémonie de clôture a coïncidé avec la fuite du président ukrainien Viktor Ianoukovitch de Kiev.

    Une euphorie triomphale a alors gagné les "vainqueurs de Maïdan", qui ont lancé une attaque rhétorique émotionnelle contre la Russie et la langue russe. Poutine s'est vite rendu compte qu'il pourrait facilement perdre sa base militaire à Sébastopol et l'accès à la Crimée, ce qui s'est soldé par une opération-éclair de rattachement de la péninsule à la Russie. Et un échange de sanctions.

    Dès lors l'économie est devenue le premier des soucis des Russes. Il est aujourd'hui encore plus évident que le bien-être de la Russie repose sur deux piliers: le secteur énergétique et l'accès aux marchés financiers occidentaux.

    L'industrie énergétique génère 30% du PIB et deux tiers des exportations. Elle assurait 9,3% des recettes budgétaires en 2000 contre plus de 50% actuellement. L'Occident a, quant à lui, assuré le financement des grandes entreprises et des banques russes. L'endettement total du capital russe atteint aujourd'hui plus de 650 milliards de dollars, notamment parce que l'argent, en Russie, reste toujours trop cher.

    Ces 15 dernières années Poutine était un symbole de stabilité et de prévisibilité pour la plupart des Russes, lui garantissant une popularité sans précédent. Mais aujourd'hui cette fidélité doit faire face à une épreuve difficile.

    La dévaluation du rouble a déjà augmenté le prix des importations, l'inflation et a baissé le niveau de vie de la population, notamment des classes moyennes. L'équivalent en roubles de l'endettement du secteur industriel et bancaire a de fait doublé, ce qui le rend pratiquement insupportable. Le développement est désormais un objectif irréaliste pour la plupart des entreprises, la survie étant la seule stratégie viable pour les années à venir.

    D'après les experts, dès le début de la chute du rouble la banque centrale a dépensé 80 milliards de dollars pour soutenir la devise nationale, ce qui confirme l'habitude russe de ne pas ménager ses pertes dans une situation de crise.

    Poutine comprend que les règles du marché sont en réalité des règles occidentales. Les respecter représente donc un échec inévitable. Ainsi, la politique antioccidentale de Poutine pourrait s'expliquer par la volonté de distancier la Russie d'une comparaison directe basée sur l'efficacité de production. L'orthodoxie ne joue ici aucun rôle réel. De tout l'éventail des expériences asiatiques, les autorités russes ne reprennent que le manque de démocratie, l'absence d'alternance du pouvoir et la justice subordonnée aux dirigeants.

    En Russie, l'opposition au pouvoir n'a pas atteint la phase de contestation. Personne ne sort dans la rue et la protestation est limitée à internet, à des querelles sur Facebook qui sont l'équivalent moderne des bagarres entre voisins. L'évolution des protestations comprend une étape de résistance. Mais on en est encore très loin.

    On verra donc si l'année prochaine confirmera la théorie marxiste selon laquelle la lutte politique est toujours précédée par une lutte économique pour l'amélioration des conditions de vie.

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