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    Premier numéro de «Charlie Hebdo» publié après les attaques

    Les caricatures de Charlie Hebdo provoquent une bagarre à Moscou

    © REUTERS / Francois Lenoir
    Lu dans la presse
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    Fusillade au siège de Charlie Hebdo à Paris (79)
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    Une première protestation de musulmans a éclaté à Moscou, dans le contexte général de mécontentement contre les publications du journal français Charlie Hebdo: hier, lors de la prière du soir, une dizaine de radicaux ont tenté de s'approcher du micro pour appeler les croyants à organiser une marche vers l'ambassade de France, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Une première protestation de musulmans a éclaté à Moscou, dans le contexte général de mécontentement contre les publications du journal français Charlie Hebdo: hier, lors de la prière du soir, une dizaine de radicaux ont tenté de s'approcher du micro pour appeler les croyants à organiser une marche vers l'ambassade de France, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    D'après Rouchan Abbiassov, vice-président du Conseil des muftis de Russie, 10 à 15 personnes - notamment des immigrés d'Asie centrale - sont entrées dans la Mosquée cathédrale de Moscou lors de la prière du soir. Ils ont tenté de prendre le micro pour appeler les fidèles à aller protester en face de l'ambassade de France, se disant indignés par les caricatures du journal français Charlie Hebdo dont la rédaction avait été frappée par des attentats islamistes à Paris.

    "Tahir Iakoupov, d'autres fidèles et les agents de sécurité ont barré le chemin à ces individus et les ont conduits hors de la mosquée", poursuit-il. Après la prière les radicaux ont attendu Tahir Iakoupov près de la mosquée pour le rouer de coups. Il se trouve actuellement dans un hôpital et les agents de sécurité envisagent de transmettre à la police les enregistrements des caméras de surveillance. Ils préparent également une plainte contre les malfaiteurs pour les traduire en justice. Les employés du commissariat du quartier affirment pourtant n'avoir reçu aucune information sur cet incident.

    Pour Moscou, c'est le premier cas reconnu d'expression radicale du mécontentement contre les caricatures du Prophète. Un groupe de fidèles a récemment organisé sur internet une mobilisation-éclair lors de laquelle les participants ont enregistré des petites vidéos au sujet de "Qui est le Prophète pour nous". Ils expliquaient le caractère offensif des caricatures sans pourtant soutenir le meurtre des journalistes.

    "Nous avons toujours appelé les croyants à ne pas céder aux provocations et continuerons de le faire. Toute action de protestation ne doit pas être extrémiste, mais pacifique", souligne Rouchan Abbiassov. Ses collègues et lui préparent une demande au parquet visant à interdire la publication des caricatures françaises sur le territoire russe.

    Selon un des fidèles de la Mosquée cathédrale de Moscou, ce n'est pas la première fois que des radicaux tentent de provoquer les croyants: "Parfois ils viennent chez nous pour professer, appeler à quelque chose, mais tout le monde réagit d'une manière raisonnable et les chasse." "Tout cela ressemble soit à une provocation préméditée, soit à une réaction des radicaux suscitée par les déclarations d'hommes politiques, y compris en Russie", fait remarquer Ali Tcharinski, musulman et défenseur des droits de l'homme. Il rappelle que le 12 janvier, des inconnus ont dessiné des croix et des slogans agressifs sur la mosquée située près du mont Poklonnaïa, comme si "quelqu'un tentait du créer un conflit dans la capitale." D'après lui, de nouvelles provocations pourraient avoir lieu vendredi, jour pendant lequel les mosquées de la ville attirent le plus de croyants.

    Dossier:
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