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    Militaires ukrainiens dans l'est de l'Ukraine

    Qui fait la guerre en Ukraine ? La réponse de Poutine

    © AFP 2018 Sergei Supinsky
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    Situation explosive dans l'est de l'Ukraine (1212)
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    Vladimir Poutine a accusé Kiev de vouloir recourir à la force et internationaliser le conflit dans le sud-est du pays, lors d'une allocution devant les étudiants de l’École des mines de Saint-Pétersbourg, écrit mardi 27 janvier le quotidien Kommersant.

    Vladimir Poutine a accusé Kiev de vouloir recourir à la force et internationaliser le conflit dans le sud-est du pays, lors d'une allocution devant les étudiants de l’École des mines de Saint-Pétersbourg, écrit mardi 27 janvier le quotidien Kommersant.

    Pour le président russe, répondre à la question de "qui fait la guerre en réalité" est facile. "En effet, il s'agit en partie des forces armées officielles, mais aussi de beaucoup de bataillons volontaires nationalistes – qui ne sont pas l'armée en elle-même, mais la légion étrangère", affirme Vladimir Poutine.

    "En l'occurrence la légion étrangère de l'Otan qui, bien sûr, n'agit pas au profit des intérêts nationaux de l'Ukraine", explique le président russe. D'après lui, cette "légion a un objectif complètement différent: freiner la Russie sur le plan géopolitique, ce qui ne correspond pas du tout aux intérêts nationaux du peuple ukrainien".

    Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, qui a participé hier à la réunion extraordinaire de la commission Otan-Ukraine, a déclaré qu'il n'existait aucune "légion de l'Otan" dans le pays. Au nom des membres de l'Alliance, Stoltenberg a condamné "l'escalade de la violence le long de la ligne de cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine par les insurgés prorusses" en accusant la Russie de "soutenir les séparatistes".

    "La confrontation est déjà très violente: les récents événements ont détérioré la situation, le format de Minsk a fait long feu", estime Fedor Loukianov, président du Conseil pour la politique étrangère et de défense. L'expert ne prédit pas d'escalade réelle du conflit. Selon lui, les déclarations d'hier du président russe seront interprétées en Occident comme une attaque contre l'Otan, accusée de soutenir directement Kiev sur le plan militaire. "Mais je ne pense pas que quelque chose changera dans l'approche de l'Occident, ni qu'il soit prêt à s'ingérer dans le conflit armé directement", pense l'expert, qui prédit un nouveau cycle d'échange de déclarations de propagande.

    On ignore encore si le projet de loi enregistré hier au parlement ukrainien sur les amendements à la législation pour reconnaître les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk comme des organisations terroristes en fait partie.

    Les contacts directs avec les républiques de Donetsk et de Lougansk sont pourtant précisément ce que Moscou attend de Kiev. Comme l'a expliqué hier une source diplomatique haut placée: "La possibilité du contrôle par Kiev et l'OSCE des zones frontalières du côté ukrainien doit être évoquée directement avec les représentants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, qui occupent à l'heure actuelle les postes de contrôle concernés".

    Mais cette approche reste inacceptable pour Kiev. Le gouvernement ukrainien a augmenté hier le niveau d'alerte pour réagir aux situations d'urgence à travers le pays, ce qui implique une réservation de fonds dans les budgets régionaux pour une mobilisation d'urgence et l'approvisionnement en médicaments et en nourriture en cas de situation d'urgence.

    Moscou est prêt à réagir en assouplissant sa loi sur l'immigration — le président Poutine en a parlé hier. Selon lui, "beaucoup de gens cherchent à échapper à la mobilisation et essaient de venir en Russie pour un certain temps". "Et ils ont raison. Parce qu'on les envoie tout simplement au front comme de la chair à canon". À cet égard, Vladimir Poutine juge possible, dans le cadre de la loi, d'augmenter la durée de séjour de certaines catégories d'individus (ukrainiens), notamment en âge d'être intégrés à l'armée.

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