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    Sergueï Lavrov (à gauche), Wang Yi (au centre) et Sushma Swaraj

    Russie, Inde, Chine: la nouvelle troïka

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    Les ministres des Affaires étrangères du RIC - Russie, Inde, Chine - se sont réunis hier à Pékin, écrit mardi 3 février le quotidien Kommersant. Pour Moscou, qui subit actuellement la pression politique et économique de l'Occident, ce format a aujourd'hui une importance particulière.

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a notamment appelé ses homologues à s'opposer ensemble aux coups d'État provoqués de l'extérieur.

    L'idée d'unir Moscou, Pékin et New Delhi en un centre mondial alternatif à l'Occident a été avancée pour la première fois à la fin des années 1990 par le premier ministre russe de l'époque, Evgueni Primakov. Toutefois, son initiative n'a pris forme qu'en 2005 et dix ans plus tard, en pleine crise ukrainienne, le RIC a fait davantage parler de lui dans le contexte de confrontation entre Moscou et l'Occident.

    Ce format de coopération a aujourd'hui une importance particulière pour la Russie. New Delhi et Pékin adoptent une position ostentatoirement neutre au sujet de l'Ukraine et hier, les ministres chinois et indien ont préféré ne pas mentionner ce dossier du tout. En revanche, Sergueï Lavrov en a beaucoup parlé. Il a exprimé sa gratitude envers ses partenaires indien et chinois "pour la compréhension de la position de la Russie", les appelant à s'opposer ensemble aux coups d'État initiés de l'extérieur. "L'ingérence dans les affaires intérieures d'États souverains, y compris en encourageant des forces radicales et en organisant des coups d'État anticonstitutionnels, déstabilise des pays et des régions entières", a averti le ministre en critiquant le président américain Barack Obama, qui a mentionné dans une interview à CNN le rôle de Washington dans les événements en Ukraine en février 2014.

    "Si quelqu'un avait besoin d'une confirmation, elle vient d'être donnée: les USA étaient directement impliqués depuis le début dans le coup d'État, que le président Obama a simplement qualifié de transition du pouvoir", explique le ministre russe.

    Vladimir Poutine en Inde
    © Sputnik . Mikhail Klimentiev
    L'Inde et la Chine ont soutenu l'initiative de la Russie d'adopter à l'Onu une résolution sur le caractère inadmissible d'une ingérence dans les affaires intérieures des États, ainsi que sur le refus de reconnaître un coup d'État comme un moyen de changement de pouvoir. En outre, New Delhi et Pékin ont rejoint la position de Moscou concernant le caractère inadmissible de sanctions unilatérales.

    La ministre indienne Sushma Swaraj a annoncé que la Russie et la Chine avaient promis de soutenir l'aspiration de son pays à jouer un rôle plus conséquent à l'Onu. De plus, selon elle, Sergueï Lavrov et Wang Yi ont favorablement réagi à la volonté de l'Inde d'adhérer à l'APEC (Coopération économique en Asie-Pacifique) et l'OCS (Organisation de coopération de Shanghai).

    Le ministre chinois a constaté que les trois pays prônaient la "création d'un nouveau type de relations internationales" et "la naissance d'un monde multipolaire". Selon lui, le RIC s'entend parfaitement sur la réforme du FMI. Mais surtout, Wang Yi a tenté de convaincre ses collègues que le projet commercial et économique ambitieux de la Chine, la Ceinture et la Route (en soi, une réincarnation de la Grande route de la soie) serait bénéfique pour la Russie et l'Inde. Auparavant, Moscou en New Delhi étaient méfiants quant à ces plans de Pékin, craignant que les tentatives de relier la Chine à l'Europe par une "ceinture économique" via l'Asie centrale et orientale puissent saper les positions de la Russie et de l'Inde dans la région. Mais les parties n'ont pas voulu exprimer hier leurs revendications mutuelles.

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    Tags:
    Sushma Swaraj, Wang Yi, Sergueï Lavrov, Chine, Inde, Russie
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