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    Drapeau de l'Iran

    Téhéran redessine ses relations avec l'Occident

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    Kommersant
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    Les autorités iraniennes ont lancé un concours de caricatures sur l'Holocauste: cette compétition d'artistes prêts à se moquer des "fausses représentations" sur la Shoah est considérée comme une riposte aux caricatures françaises de Mahomet, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

    Le deuxième concours international de caricatures sur l'Holocauste a été lancé par Massoud Shojaei Tabatabaei, qui avait déjà organisé un événement similaire il y a neuf ans. La compétition est ouverte aux artistes iraniens et étrangers capables de ridiculiser par leurs dessins les "fausses représentations" sur le massacre des juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

    Les participants doivent présenter leurs œuvres avant le 1er avril, et les trois vainqueurs recevront des prix de 12 000, de 8 000 et de 5 000 dollars respectivement. Les meilleurs dessins seront exposés au Musée d'art contemporain de Téhéran. Les organisateurs considèrent leur initiative comme une réponse aux caricatures sur le prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo.

    Ce concours de caricatures sur l'Holocauste replonge la société iranienne vers l'époque de l'opposition entre l'Iran et l'Occident, à l'œuvre sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier est considéré aux États-Unis et en Israël comme un homme politique qui a transformé la négation de l'Holocauste en priorité de son régime. Pendant sa présidence, Ahmadinejad tentait de prouver l'inexistence de la Shoah. Pour convaincre le monde, le ministère iranien des Affaires étrangères avait même organisé en 2006 une conférence scientifique "Revue de l'Holocauste: une vision globale". A cette époque-là, Téhéran avait également annoncé le premier concours international de caricatures sue l'Holocauste. Cet événement avait alors été organisé suite à la publication de caricatures du prophète Mahomet, cette fois-là par le journal danois Jyllands-Posten.

    L'organisation du deuxième concours de ce genre témoigne du retour de l'Iran vers les bases idéologiques de Mahmoud Ahmadinejad, auxquelles Hassan Rohani, nouveau président réformateur du pays, avait d'abord essayé de renoncer.

    Cette tentative de remettre en question l'Holocauste, dont la négation est actuellement considérée comme un crime dans plusieurs pays occidentaux, est un cadeau involontaire pour le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Suite à l'arrivée du président Rohani au pouvoir à Téhéran, le leader de l'État juif a plusieurs fois appelé ses partenaires occidentaux à douter de la sincérité des nouvelles autorités iraniennes et à ne rien céder dans les négociations sur son programme nucléaire. Mais jusqu'à présent Benjamin Netanyahu était incapable d'imposer sa position: les leaders occidentaux refusaient d'adopter son point de vue sur l'Iran.

    Le concours de caricatures sur l'Holocauste sera pour lui un nouvel argument sensible lors de son allocution devant le Congrès américain début mars, peu avant les élections législatives en Israël. Rappelons que les républicains, qui contrôlent actuellement le Congrès, ont invité Netanyahu en contournant l'administration du président Barack Obama, ce qui a provoqué une réaction très négative de la Maison blanche. Le président américain est contre le durcissement des sanctions anti-iraniennes, alors que les républicains appellent à renforcer la pression sur le "régime des ayatollahs". Ces caricatures financées par Téhéran pourraient donc donner des arguments supplémentaires aux républicains.

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    Tags:
    Holocauste, Charlie Hebdo, Mahmoud Ahmadinejad, Iran
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