Lu dans la presse
URL courte
Par
0 132
S'abonner

Un groupe d'anciens politiciens et d'experts avait mis en garde il y a deux ans contre l'absence de nouvelle stratégie militaro-politique pour la région euro-atlantique, susceptible d'accroître les risques pour la sécurité et la stabilité mondiales, écrit vendredi le quotidien Vedomosti.

Un groupe d'anciens politiciens et d'experts avait mis en garde il y a deux ans contre l'absence de nouvelle stratégie militaro-politique pour la région euro-atlantique, susceptible d'accroître les risques pour la sécurité et la stabilité mondiales, écrit vendredi le quotidien Vedomosti.

C'est justement ce qui se produit aujourd'hui: l'Europe traverse l'une des plus graves crises de ces dernières décennies. En Ukraine on compte déjà plus de 5 000 morts, plus de 10 000 blessés, et 1,2 million d'habitants de l'est déplacés. Il faut mettre un terme à la violence qui continue et empêcher un nouvel éclatement de l'Europe. Si nous n'y parvenons pas, il faudra reconnaître que notre génération, qui a réussi à mettre fin à la Guerre froide, n'a pas été capable pour autant d'assurer un avenir paisible à l'Europe.

Les institutions politiques créées pour maintenir une coopération constructive entre la Russie et l'Occident ne fonctionnent pas. Elles sont incapables de régler les problèmes sécuritaires, politiques et économiques. La communication personnelle des dirigeants, les contacts opportuns et coordonnés des dirigeants russes et occidentaux, nécessaires pour régler les situations de crise, se sont considérablement désaccordés ces dernières années et sont d'autant plus dégradés aujourd'hui que la méfiance réciproque est exacerbée.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) participe activement au règlement de la crise ukrainienne, mais elle ne dispose pas de mandat politique à cet effet. Le Conseil Otan-Russie, créé pour établir une coopération équitable et efficace, a gelé son activité au moment précis où on en avait le plus besoin. Les accords appelés à contribuer au renforcement de la confiance et de la stabilité (Traité sur les forces conventionnelles en Europe — FCE — et Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire — FNI) ont également été gelés et leur mise en œuvre risque d'être suspendue.

La nouvelle architecture sécuritaire en Europe et la normalisation de la crise nécessitent une forte volonté politique et une nouvelle mentalité. Nous faisons face à une tâche d'envergure historique: créer un mécanisme de discussion et de règlement des questions politiques et économiques et des problèmes de sécurité. La difficulté de cette mission est comparable à celle des fondateurs de l'Onu il y a 70 ans. Ce processus doit avancer avec la participation directe des hauts dirigeants politiques des pays de la région.

Une nouvelle architecture de sécurité euro-atlantique pourrait apporter une contribution inestimable au règlement des problèmes des armements conventionnels, de la menace nucléaire, du terrorisme, de la menace cybernétique, en formulant des tâches communes et en entreprenant des démarches concrètes. Elle doit disposer des compétences pour régler également les problèmes hors du cadre des armements conventionnels: tant que les questions d'intégration économique, du commerce et de l'énergie seront perçues à travers le prisme d'un jeu à somme nulle, la méfiance ne fera qu'augmenter. Ces questions ont une importance cruciale pour régler la crise économique et le conflit armé en Ukraine. Toute époque difficile requiert des actions déterminées. Il faut sans attendre formuler de nouvelles idées et les mettre en œuvre pour empêcher que l'éclatement de l'Europe continue.

Lire aussi:

Sécurité en Europe: une Russie affaiblie, facteur négatif (Steinmeier)
Ukraine: l'inefficacité des institutions euro-atlantiques mise à nu (expert)
Vers une sécurité égale dans l'espace euro-atlantique (Poutine)
Tags:
sécurité, région euro-atlantique, OSCE, Ukraine
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook