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    Drapeau de la République populaire de Chine

    Des talibans en visite à Pékin

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    Un drone a éliminé le chef taliban Abdul Rauf, qui recrutait des hommes pour l'État islamique (EI) dans la province afghane de Helmand, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Un drone a éliminé le chef taliban Abdul Rauf, qui recrutait des hommes pour l'État islamique (EI) dans la province afghane de Helmand, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Pour l'instant, les membres de ce mouvement ne sont pas nombreux dans le pays, mais les Américains craignent que son influence augmente dès le retrait du contingent principal de l'Otan. C'est pourquoi Washington cherche à impliquer la Chine dans les affaires afghanes. Des réunions ont lieu entre les USA, la Chine et Kaboul. Dans le même temps, Pékin a organisé des négociations secrètes avec les talibans.

    La CNN rapporte qu'Abdul Rauf commandait un corps de talibans dans la capitale et l'une des provinces du pays quand les talibans dirigeaient l'Afghanistan. Cependant, quand les USA et leurs alliés locaux ont renversé son gouvernement en 2001, Rauf a été capturé par les Américains et emprisonné à Guantanamo. Puis il a été relâché.

    De retour en Afghanistan, Rauf a rejoint les rebelles pour devenir chef de guerre dans la province de Helmand. Cependant, déçu par le mouvement des talibans, il a commencé à organiser des raids sur des villages, avec ses adeptes, en brandissant le drapeau noir de l'EI. Il s'est ainsi transformé en principal recruteur de l'organisation en Afghanistan.

    Selon les dirigeants afghans, le nombre de partisans de ce groupuscule n'est pas encore élevé. En effet, les chefs de tribu associés depuis longtemps à Al-Qaïda ne souhaitent pas voir apparaître un concurrent dans le pays. Mais Washington craint que l'influence de l'EI gagne du terrain après le retrait du contingent principal de l'Otan d'Afghanistan. Les USA cherchent donc à persuader Pékin de s'impliquer également dans la sécurité de l'Afghanistan.

    Des fonctionnaires américains qui ont souhaité garder l'anonymat ont rapporté au Wall Street Journal que des représentants américains, chinois et afghans s'étaient réunis en décembre et en janvier. Par ailleurs, le nouveau président afghan Ashraf Ghani s'est rendu à Pékin pour sa première visite en tant que chef d'État.

    Les détails des entretiens trilatéraux sont tenus au secret. Mais on sait que la Chine a promis d'ici 2017 d'apporter à l'Afghanistan une aide à hauteur de 327 millions de dollars. Pékin a également commencé de former les policiers afghans.

    Ces derniers mois, une délégation de talibans s'est rendue à deux reprises à Pékin. En janvier, ils ont reconnu pour la première fois que des contacts avec la Chine avaient eu lieu. Les rebelles ont toutefois affirmé qu'il ne s'agissait pas de négociations de paix mais de l'établissement de relations amicales. D'autres affirment que la Chine cherche à devenir le pays qui supervisera les négociations entre les talibans et le gouvernement afghan. Une nouvelle visite des talibans est prévue prochainement à Pékin.

    Pékin craint que l'instabilité en Afghanistan et au Pakistan se projette sur la Région autonome Ouïgoure du Xinjiang, où plusieurs affrontements ont eu lieu depuis un an entre les forces de l'ordre et les séparatistes locaux.

    Néanmoins, selon les diplomates occidentaux à Pékin et à Kaboul, la Chine exclut la possibilité d'envoyer ses troupes en Afghanistan. Elle est prête à jouer un rôle de médiateur, tout en gardant des relations pratiquement d'alliés avec le Pakistan. Pour sa part, Washington n'a aucunement l'intention de mettre des bâtons dans les roues des Chinois.

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    Tags:
    talibans, Al-Qaïda, Etat islamique, Abdul Rauf, Afghanistan, Chine, États-Unis
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