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    Journaliste : les médias US ont sombré dans la propagande pro-Kiev

    © Sputnik . Serguei Filatov
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    Les journalistes américains font preuve d'une habilité déconcertante pour coller des étiquettes et répartir en "bons" et "mauvais" les acteurs du conflit ukrainien.

    Les journalistes américains sont tendancieux dans leur traitement de la crise ukrainienne. Le conflit ukrainien est le premier, depuis la guerre en Irak et le mensonge sur la présence d'armes de destruction massive dans ce pays, à remettre en évidence la violation la plus dangereuse de la principale règle du journalisme: l'objectivité, écrit le journaliste américain Robert Perry sur le site Consortiumnews.com.

    Selon l'auteur, la presse américaine s'est oubliée au jeu de la propagande. Les journalistes ont perdu leur objectivité et, en ignorant l'opinion des habitants de l'est de l'Ukraine, les ont mis dans le camp des "mauvais", tout en donnant une image très positive de ceux qui ont renversé illégalement le pouvoir légitime à Kiev.

    "Honnêtement, je ne me souviens pas que les médias américains aient déjà fait preuve d'autant de parti pris que sur le dossier ukrainien. Même la "conscience de masse" concernant la fausse arme de destruction massive irakienne n'était pas aussi unilatérale que la couverture des événements en Ukraine par les médias américains à travers le regard des Ukrainiens de l'Ouest, qui ont renversé le président élu Viktor Ianoukovitch, dont l'électorat politique était concentré dans l'est du pays", écrit le journaliste.

    Les journalistes américains ont rapidement transformé la guerre civile entre les Ukrainiens de l'ouest – dont les rangs comptent des néonazis — et les Ukrainiens de l'est — qui ont refusé de soutenir le coup d’État — en lutte des forces du "bien" (ouest) contre les forces du "mal" (est) en y ajoutant une "agression russe", explique Perry.

    Toute la responsabilité du massacre et de la mort de plus de 5 000 innocents dans l'est de l'Ukraine a été rejetée sur les "séparatistes prorusses" ou le président russe, qui, selon la presse occidentale, provoquerait le conflit par tous les moyens, avait tout prévu à l'avance et compterait même conquérir les pays baltes. Et ceux qui remettent en question la position officielle de Washington deviennent automatiquement des "apologistes de Poutine", écrit l'auteur.


    Cependant, en observant ce conflit avec les yeux des Ukrainiens de l'est, tout se présente sous un autre angle, affirme Robert Perry.

    Il y a un an, ils ont été témoins d'un coup d’État organisé avec le soutien des USA, qui a renversé le président légitimement élu. Le pouvoir a été repris par un régime qui se préoccupe peu de leurs intérêts, rappelle l'auteur. Le nouveau gouvernement souhaitait rompre les liens avec la Russie au profit de l'UE, et toutes les répercussions de cette démarche ont inéluctablement touché les régions de l'est du pays, qui travaillent directement avec des compagnies russes.

    De nombreux ukrainiens de l'est se sont sentis privés de leurs droits civiques après le renversement du président légitime, souligne l'auteur.

    Et quand les habitants de l'est ont manifesté, comme l'avaient fait les habitants de l'ouest de l'Ukraine avant le coup d’État, ils ont été immédiatement taxés de "terroristes". Le pouvoir a alors déployé une puissante campagne militaire en bombardant les quartiers résidentiels et les civils avec des bombes à sous-munitions et en faisant appel, pour combattre ces "terroristes", à des "volontaires" néonazis, écrit Perry.

    Il note également que les organisations occidentales chargées d'enquêter sur les violations des droits de l'homme ont rapporté des témoignages et des preuves de crimes commis par les groupuscules paramilitaires pro-Kiev, persuadés que les lois fonctionnaient autrement en temps de guerre.

    Les habitants des régions du Donbass contrôlées par Kiev ont peur de tomber entre les mains des néonazis, qui propagent ouvertement leurs opinions et prônent un nettoyage ethnique dans le pays, écrit l'auteur. Alors que Kiev n'a besoin que de la volonté de ses combattants. Ainsi, il n'est pas étonnant que les habitants de l'est souhaitent une autonomie et des frontières pour se protéger d'une menace manifeste.

    Il est également facile de comprendre la Russie, écrit le journaliste. Elle compatit à ses anciens compatriotes et éprouve des craintes parfaitement justifiées quant à l'expansion de l'Otan, qui déploie pratiquement ses armes nucléaires sous son nez. J'aurais certainement agi de la même manière si j'étais à la place de Poutine, conclut Robert Perry.

    Tags:
    journalisme, médias, Robert Perry, Ukraine, États-Unis
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