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La crise financière en Grèce (237)
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Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) organisent aujourd'hui une réunion d'une extrême importance sur les problèmes d'endettement de la Grèce, écrit lundi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

La dernière réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, le 11 février, n'avait débouché sur aucun résultat: le ministre grec des Finances Janis Varoufakis avait proposé un programme controversé pour l'annulation d'une grande partie de la dette de 240 milliards d'euros, mais n'avait pas réussi à trouver le soutien de ses homologues européens. Si les parties ne tombaient pas d'accord d'ici le 28 février, date d'échéance du programme d'aide financière de la troïka des créanciers internationaux (Commission européenne, FMI, BCE), Athènes et Bruxelles risqueraient de s'engager sur la voie d'un "divorce" économique et monétaire — un défaut inévitable de la Grèce et sa sortie de la zone euro.

Pour l'instant, ce scénario est considéré comme fort improbable, et les représentants du gouvernement grec comme des 18 autres pays de la zone euro soulignent qu'ils sont disposés à faire des compromis mutuellement acceptables.

Toutefois, la marge de manœuvre du nouveau premier ministre grec et chef du parti de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, qui est arrivé au pouvoir fin janvier avec la promesse de réduire la dette grecque "insurmontable", est très limitée. S'il n'obtenait pas de concessions sérieuses de la part des créanciers et était contraint de faire marche arrière sur la majeure partie de son programme de campagne, l'électorat grec ne comprendrait certainement pas.

Cependant, les créanciers de la Grèce ne peuvent pas non plus annuler simplement ses dettes ou constater des pertes considérables (les pertes de l'Allemagne sont estimées à 65 milliards d'euros), créant ainsi un précédent pour d'autres pays débiteurs de l'UE. De plus, les détenteurs européens d'obligations grecques ne sont pas prêts de permettre à Athènes de renoncer complètement aux engagements pris pour procéder aux réformes structurelles nécessaires, jugées douloureuses par les experts, pour poser les bases d'une relance économique.

Au final, les parties tenteront de trouver des solutions mutuellement acceptables pour régler ou au moins reporter la collision politique imminente au sein de l'UE. Depuis trois jours, un groupe d'experts grecs et européens se penche sur les "détails techniques" d'un éventuel accord, qui étaient globalement convenus samedi soir.

Les autorités grecques sont persuadées que les négociations d'aujourd'hui seront difficiles, mais qu'il est tout de même possible de trouver un terrain d'entente.

"Les négociations de l'Eurogroupe seront difficiles lundi. Nos partenaires ont rencontré à Bruxelles une nouvelle Grèce, qui sait ce qu'elle veut défendre. Un grand pas a été fait, mais il est trop tôt pour parler d'un accord. Le soutien du peuple sera à nouveau notre force", a déclaré le premier ministre Alexis Tsipras à la presse locale.

Et il n'a pas tort. La veille, une troisième manifestation s'est déroulée en plein centre d'Athènes pour soutenir le gouvernement grec. Des manifestants ont également défilé dans les rues de Thessalonique, de Volos et de Patras. Des actions de solidarité avec les autorités grecques se sont tenues dans certaines capitales européennes.

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Union européenne (UE), Grèce
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