Ecoutez Radio Sputnik
    Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg

    Stoltenberg: "L'Otan ne cherche pas la confrontation avec la Russie"

    © REUTERS / Hazir Reka
    Lu dans la presse
    URL courte
    Par
    Accords de Minsk-2 sur l'Ukraine (février 2015) (108)
    0 335
    S'abonner

    Après le sommet de Minsk au "format Normandie" et la signature d'un accord de paix sur l'Ukraine, reste désormais à le mettre en œuvre, écrit lundi le quotidien Kommersant.

    Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a accordé une interview au journal russe pour expliquer comment y parvenir et comment l'Alliance comptait construire ses relations avec la Russie.

    Que pensez-vous des accords sur le règlement de la crise ukrainienne convenus à Minsk?

    Les accords de Minsk sont un pas dans la bonne direction. J'espère qu'ils conduiront à un règlement durable du conflit en Ukraine et au recouvrement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays. Dans ce sens, je voudrais noter en particulier les efforts de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français François Hollande.

    Le plus important désormais est que cet accord soit intégralement appliqué. Nous nous souvenons que les anciens accords de Minsk n'avaient pas été respectés. Nous avons besoin de mécanismes pour veiller et assurer le contrôle du respect du cessez-le-feu. Et l'OSCE joue un rôle primordial dans ce processus. Cette organisation a les ressources et la confiance nécessaires, et c'est très important.

    Est-ce que des membres de l'Otan accordent aujourd'hui une aide militaire à l'Ukraine? Moscou en parle souvent.

    L'Ukraine est un pays souverain indépendant, et elle a un gouvernement légitimement élu qui a demandé de l'aide. A l'Otan, nous apportons une assistance pratique pour procéder à la réforme militaire.

    Vous avez déclaré récemment que la décision de fournir des armes en Ukraine devait revenir aux pays membres de l'Alliance à titre individuel. Est-ce que cela signifie qu'il existe de sérieuses divergences à ce sujet au sein de l'Otan?

    L'Otan ne dispose pas d'armements propres, par conséquent cette question n'est pas à l'ordre du jour. Les États membres prennent individuellement la décision d'armer ou non l'Ukraine.

    Certains pays de l'Alliance ont suggéré d'annuler l'Acte fondateur Otan-Russie. Cependant, il reste en vigueur bien que la coopération entre l'Otan et la Russie soit suspendue. Pour l'Otan, la Russie est-elle un partenaire ou un ennemi?

    Le monde est trop complexe pour être divisé en "amis et ennemis". L'Otan ne cherche pas la confrontation avec la Russie.

    Mon expérience au poste de premier ministre de la Norvège montre que pendant des décennies, après la Guerre froide, nous avons développé des relations très constructives avec la Russie. L'ouverture des frontières, le développement du commerce, les contacts politiques, la coopération pratique. Tout cela a contribué à la prospérité, au développement économique des pays de l'Otan et de la Russie. Nous continuons d'aspirer à de telles relations. Comment peut-on travailler avec ses voisins? Il faut avant tout respecter les frontières.

    Après la récente réunion des ministres de la Défense de l'Otan, vous avez annoncé au nom de l'Alliance la décision de créer des postes de commandement avancés dans six pays géographiquement proches de la Russie, voire frontaliers. Ne craignez-vous pas une nouvelle hausse de tensions dans les relations avec Moscou après cette décision?

    En effet, nous installons six centres de commandement et de contrôle dans six pays de l'Otan à l'est de l'Europe. Ils ont des capacités relativement restreintes et il ne s'agit pas d'unités de combat. Ces centres assureront la liaison entre les forces armées de ces pays et les forces multinationales de l'Otan. Ils organiseront des exercices.

    Hormis l'Ukraine, l'est de la Méditerranée est une autre région qui préoccupe manifestement l'Otan avec la guerre civile en Syrie et l'émergence de l'État islamique. Et maintenant, le président chypriote annonce qu'il autorisera la Russie à utiliser des bases navales de l'île. Si cela arrivait, serait-ce un problème pour l'Alliance?

    Chypre n'est pas membre de l'Otan. Par conséquent, l'organisation ne peut prendre aucune décision à cet égard. Ce n'est ni notre mandat ni notre responsabilité.

    La Géorgie et l'Ukraine souhaitaient adhérer à l'Otan en 2008 lors du sommet de l'organisation à Bucarest. A l'époque, il leur a été suggéré d'attendre. L'Alliance ne pense-t-elle pas aujourd'hui qu'il s'agissait d'une erreur?

    J'ai assisté au sommet de l'Otan à Bucarest. L'idée principale de ce forum était que la politique des portes ouvertes était une réussite. Plusieurs pays ont pris la décision d'adhérer à l'Otan depuis plusieurs décennies, et cela a contribué au développement de la démocratie et de la liberté en Europe. Durant des décennies nous avons également invité la Russie à participer à ce partenariat, à développer plus activement sa coopération avec l'Otan. Chaque pays a le droit de choisir sa voie, y compris les mécanismes permettant d'assurer sa sécurité. Ce n'est pas seulement la position de l'Otan, c'est également fixé dans les accords que nous avons signés avec tous les pays, dont la Russie. Cette dernière a signé l'Acte final d'Helsinki, déclarant ainsi que chaque pays était libre de choisir ses mécanismes de sécurité. Et chacun prend cette décision de son propre chef. Adhérer ou non à l'Otan — cette décision appartient uniquement au pays candidat. Et à l'organisation. Comme cela a été dit à Bucarest. C'est toujours le cas aujourd'hui.

     

    Dossier:
    Accords de Minsk-2 sur l'Ukraine (février 2015) (108)

    Lire aussi:

    Hollande contre l'entrée de l'Ukraine à l'Otan
    Russie-Otan: la transparence est de rigueur
    L'Otan ouvre un "deuxième front" pour aider Kiev
    L’armée ukrainienne, "légion étrangère" de l'Otan (Poutine)
    Tags:
    OSCE, OTAN, Jens Stoltenberg, Russie, Minsk, Ukraine
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik