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    Les BPC de classe Mistral Sevastopol (à gauche) et Vladivostok

    Le premier Mistral toujours pas livré à la Russie

    © REUTERS/ Stephane Mahe
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    Kommersant
    Résiliation du contrat Mistral (128)
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    Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré hier que la livraison du premier des deux bâtiments de projection et commandement (BPC) de classe Mistral n'était pas à l'ordre du jour malgré l'instauration du cessez-le-feu dans le sud-est de l'Ukraine, écrit mardi le quotidien Kommersant.

    L'indécision concernant les porte-hélicoptères commence à affecter le constructeur: la société DCNS est contrainte d'assurer la maintenance technique du BPC à ses frais — soit 5 millions d'euros par mois selon les observateurs français.

    Le ministre s'est également référé à la déclaration du président François Hollande du 12 février, selon qui il ne faut pas livrer les BPC à la Russie car le cessez-le-feu n'est pas entré en vigueur et qu'il existe de "nombreux risques, y compris pour la sécurité en Europe". Le ministre de la Défense a fait cette annonce le jour où les forces ukrainiennes et les militaires des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk non reconnues devaient procéder au retrait des armements lourds à distance égale (il a été convenu au sommet de Minsk de terminer ces manœuvres d'ici 14 jours).

    Les autorités françaises refusent de mentionner ne serait-ce que des délais approximatifs de livraison du Vladivostok (le premier Mistral, sur une commande globale de deux bâtiments) à la Russie. Le ministère de la Défense a annoncé hier qu'il n'était pas "habilité à se prononcer sur une éventuelle livraison du Mistral" et n'exprimait "que la position du gouvernement français".

    Le premier des porte-hélicoptères devait être livré à la marine russe en novembre 2014 dans le cadre d'un contrat signé en 2011. Du point de vue technique, le bâtiment était déjà prêt pour exploitation à cette période mais les autorités françaises avaient reporté sa livraison pour une durée indéterminée, dans le contexte de la guerre dans le sud-est de l'Ukraine.

    Plus tôt, Jean-Yves Le Drian avait même admis la possibilité que les BPC puissent n'être "jamais remis à la Russie". Le président russe Vladimir Poutine avait réagi en disant que dans ce cas Moscou comptait sur le remboursement de l'avance versé pour la construction du Mistral à hauteur de 1 milliard d'euros. Dans le cas contraire, la Russie aurait des raisons juridiques de défendre ses droits à la Cour d'arbitrage.

    L'indécision autour du sort du Mistral cause des difficultés techniques aux constructeurs navals. Comme la déclaré le porte-parole de DCNS Emmanuel Gaudez, "la société connaît des pertes à cause de la présence du Vladivostok sur les chantiers navals de Saint-Nazaire". Il a souligné que la maintenance technique du navire et son entretien coûtaient très cher à la société. Il a refusé de donner un chiffre concret, mais les experts français estiment ces frais à 5 millions d'euros par mois.

    Philippe Migault, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), pense que François Hollande "se trouvait sous la pression de ses partenaires américains et européens" quand il a pris la décision de reporter la livraison des Mistrals. "Aujourd'hui, on semble sortir de la crise ukrainienne et on peut espérer que d'ici quelques semaines les navires partiront finalement en Russie", déclare-t-il.

    Dossier:
    Résiliation du contrat Mistral (128)

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    Tags:
    Mistral, Jean-Yves Le Drian, France, Russie
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