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    Gazprom fournit son gaz directement au Donbass

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    Nezavissimaïa gazeta
    Conflit gazier russo-ukrainien (130)
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    Le conflit entre le russe Gazprom et l'ukrainien Naftogaz, qui s'est aggravé fin février, fut le principal sujet des entretiens trilatéraux hier à Bruxelles, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    L'Union européenne veut non seulement "réconcilier" les parties et mener l'accord gazier d'hiver jusqu'au bout, mais évoquer également les conditions d'un nouvel accord temporaire. La partie russe n'était manifestement pas prête aux négociations sur un "accord gazier été" mais avait apporté des propositions concernant l'approvisionnement en gaz du Donbass sans la participation des autorités de Kiev.

    La Russie, l'Ukraine et l'UE ont entamé hier de nouvelles négociations trilatérales sur le gaz, portant essentiellement sur le contrat gazier d'hiver — un accord temporaire expirant le 31 mars.

    Le 23 février, Naftogaz d'Ukraine accusait Gazprom d'enfreindre les termes du contrat. La veille en effet, le holding russe avait livré moins de gaz que Naftogaz en avait commandé. Les représentants de Gazprom expliquaient cette situation par le non-versement du prépaiement pour mars de la part de l'Ukraine et par son intention d'étirer la quantité payée pour une durée la plus longue possible. Le 27 février, Naftogaz versait un prépaiement supplémentaire de 15 millions de dollars. Cependant, selon le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak, même en consommant de manière très économique le gaz payé (environ 10 millions de mètres cubes par jour), l'Ukraine n'aurait du gaz que jusqu'au 7 mars dans le meilleur des cas.

    "La principale tâche est aujourd'hui de faire payer Kiev pour le mois de mars, qu'il fasse une requête complète, qu'il accumule la quantité de gaz nécessaire. Il faut remplir le contrat hiver, terminer la haute saison, puis agir en fonction de la situation", explique Alexandre Passetchnik, directeur du département analytique du Fonds de sécurité énergétique nationale.

    Les négociateurs ont également évoqué hier un autre thème tout aussi pertinent: les fournitures de gaz dans les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (DNR et LNR). Rappelons que le 18 février, l'opérateur ukrainien Naftogaz avait suspendu l'approvisionnement en gaz de ces régions, et Gazprom avait accepté d'y livrer directement 12 millions de mètres cubes de gaz par jour. La compagnie ukrainienne avait refusé de payer ce gaz car les terminaux de réception n'étaient pas indiqués dans la requête.

    La Commission européenne estime que les approvisionnements des DNR et LNR doivent être abordés séparément de la question des livraisons de gaz en Ukraine. Le holding russe est prêt à conclure des transactions avec le Donbass séparément du contrat principal avec Naftogaz, mais à condition que la compagnie ukrainienne refuse par écrit d'approvisionner ces régions, annonce Alexandre Novak. Cependant, un tel document de Naftogaz signifierait l'abandon de ses engagements devant les citoyens ukrainiens et remettrait en question l'intégrité territoriale du pays.

    Selon Alexandre Passetchnik, cette question ne sera pas réglée rapidement car le problème est principalement politique et demande une implication plus importante des dirigeants.

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    Conflit gazier russo-ukrainien (130)

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    Tags:
    Naftogaz, Commission européenne, Gazprom, République populaire autoproclamée de Lougansk (RPL), République populaire autoproclamée de Donetsk (RPD), Union européenne (UE), Alexandre Passetchnik, Alexandre Novak, Donbass, Ukraine, Russie
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