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    Un blindé irakien

    L'Iran renforce ses positions en Irak

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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    L'Iran a rejoint les opérations contre l'État islamique (EI) en Irak en pleine vague de désertions massives au sein de l'armée irakienne, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

    Les forces gouvernementales irakiennes ont lancé une offensive contre les positions des combattants de l'EI à Tikrit sur trois axes. D'après les autorités, cette opération jouera un rôle décisif dans la guerre et permettra de repousser les djihadistes hors du centre du pays, région qu'ils occupent depuis l'été dernier. Le fer de lance de ces troupes — 30 000 personnes — est formé des unités chiites coordonnées par le général iranien Ghassem Souleimani, commandant de la Force Al-Qods (forces spéciales des Gardiens de la Révolution islamique).

    Les États-Unis, qui dirigent la coalition internationale en Irak et en Syrie, ont plusieurs fois approuvé la participation de l'Iran aux opérations terrestres contre l'EI. Le premier ministre irakien Haïder al-Abadi a également souligné le rôle positif des unités chiites. En automne, ces dernières ont aidé l'armée irakienne à repousser l'offensive des combattants de l'EI contre Bagdad.

    "Les rangs de l'armée irakienne s'éclaircissent à cause de désertions massives parmi les militaires sunnites, explique Teodor Karassik, expert de la fondation Risk Insurance Management, située à Dubaï. Les groupes chiites et notamment les Brigades Badr se trouvent désormais au premier plan. Ces unités sont déjà deux fois plus nombreuses que l'armée régulière au sein des forces gouvernementales".

    Le renforcement et la légitimation des groupes chiites irrite pourtant les sunnites, qui représentent 20% de la population du pays (sur 30 millions). L'attitude des combattants chiites envers la population sunnite est encore pire que celle des djihadistes de l'EI: fin janvier, lors d'une offensive vers la province de Diyala — les unités de l'EI ont été mises en déroute — les combattants des Brigades Badr ont tué des dizaines de civils, présentant ces atrocités comme des "exécutions de traîtres".

    "D'un côté, cette situation nuit à la paix nationale promue par les États-Unis, et va à l'encontre des intérêts américains, car les groupes chiites s'opposent activement aux USA depuis la chute du régime de Saddam Hussein, poursuit Teodor Karassik. De l'autre, cette situation n'est pas si catastrophique pour les États-Unis compte tenu de leur rapprochement avec Téhéran et de la coopération entre les Américains et les chiites dans ce conflit militaire. En fin de compte tout dépendra des négociations sur le programme nucléaire iranien".

    Les experts font pourtant remarquer que miser sur les chiites dans la lutte contre l'EI pourrait produire un effet pervers, c'est-à-dire augmenter le financement du mouvement djihadiste de la part des pays sunnites du Golfe. "L'Arabie saoudite, leader du monde arabe, estime que l'Iran tente de l'encercler à l'aide du financement des chiites en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen et qu'il le fait avec la complaisance voire le soutien des USA, explique Teodor Karassik. Les parrains du djihad parmi les organisations salafistes et les pays d'Arabie n'ont aucune envie d'observer tranquillement le renforcement du "croissant chiite" sans rien faire. Tout cela pourrait se solder par un scénario apocalyptique pour l'Irak et ses voisins".

    Dossier:
    L'Etat islamique (2014) (1131)

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    Tags:
    Etat islamique, Iran, Irak, États-Unis
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