Lu dans la presse
URL courte
Par
0 191
S'abonner

L'Assemblée nationale populaire de Chine, organe du pouvoir suprême d'État, tient aujourd'hui une session annuelle à Pékin, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

La question centrale sera la possibilité de maintenir la croissance du PIB (qui a atteint son niveau le plus bas en 2014 depuis 25 ans) tout en poursuivant les réformes marchandes. Les législateurs chinois comptent également renforcer le contrôle sur les ONG étrangères et adopter une loi antiterroriste, qui suscite déjà la critique des militants des droits de l'homme et du président américain.

Les 3 000 délégués de la session de l'Assemblée nationale populaire de Chine, qui durera jusqu'au 15 mars, évoqueront tout d'abord les solutions permettant de surmonter les difficultés économiques du pays. Le PIB a affiché en 2014 une croissance de 7,4% — son minimum depuis 25 ans. Les délégués soulèveront également le thème de la réforme fiscale: l'objectif consiste à offrir aux autorités locales des ressources supplémentaires tirées des recettes fiscales pour remédier à leur endettement. De plus, les autorités vont initier la préparation des plans pour un nouveau quinquennat (qui commencera en 2016). Parmi les projets éventuels on parle de mettre en place une nouvelle Grande route de la soie — une ceinture économique reliant la Chine aux pays européens à travers l'Asie centrale et orientale.

Cette session ne portera pas uniquement sur les questions économiques. La porte-parole de l'Assemblée nationale populaire de Chine Fu Ying a déclaré hier que les autorités avaient l'intention d'augmenter le budget de la défense d'environ 10% pour le porter à 145 milliards de dollars, affirmant que toutes les activités de la Chine dans le domaine militaire étaient exclusivement défensives.

La Chine utilise des arguments similaires pour expliquer ses plans d'élargir le contrôle sur les ONG étrangères. "D'une part, nous devons protéger nos intérêts légitimes et leur offrir l'opportunité de jouer un rôle plus important, mais de l'autre nous devons établir un système efficace de contrôle des ONG étrangères afin qu'elles ne portent pas atteinte à la sécurité nationale et à la stabilité sociale du pays", a déclaré hier Fu Ying, sans entrer dans les détails du plan des autorités.

Enfin, la session examinera la nouvelle loi antiterroriste. Selon l'expert Alexandre Gabouev, son élaboration résulte de la grande vague de terrorisme qui a frappé l'an dernier la Région autonome ouïgoure du Xinjiang. Ce projet de loi a été critiqué par les organisations des droits de l'homme. Human Rights Watch souligne notamment que conformément à ce document toute idée, tout discours ou comportement qui serait considéré comme une tentative d'influer sur le processus de formation de la politique nationale pourrait être interprété comme un acte terroriste. Le président américain Barack Obama, pour sa part, a critiqué le point du projet de loi indiquant que les compagnies étrangères devaient fournir aux autorités chinoises les clés de chiffrement des mots de passe et des codes pour accéder à leurs informations internes.

Fu Ying a affirmé hier que ces mesures ne se refléteraient pas sur les intérêts légitimes des compagnies technologiques et ne seraient appliquées qu'en cas d'urgence — exclusivement pour lutter contre le terrorisme. Selon elle, les USA comprennent mal le contenu de ce texte. L'agence de presse Xinhua a été bien moins diplomatique dans son communiqué, accusant Obama d'être "présomptueux et hypocrite".

Lire aussi:

Le pass sanitaire en cause? L’institut Pasteur améliore ses pronostics pour la quatrième vague
Licenciement en cas de non-vaccination? La droite dénonce «une volonté de revanche sur le dos des salariés»
Un mort et un autre en réanimation: en Occitanie, le vaccin Pfizer accusé de tuer «des jeunes en pleine forme»
Plus besoin d’autorisation parentale pour vacciner les ados de 16 ans: «Le gouvernement ouvre une boîte de Pandore»
Tags:
Fu Ying, Chine
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook