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L'Occident cherche à mettre la main sur les terres végétales ukrainiennes, estime l'hebdomadaire allemand Die Zeit dans une analyse des causes économiques de la crise ukrainienne, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Selon Die Zeit, la lutte pour le contrôle du potentiel agricole est devenue un facteur décisif dans le conflit actuel entre l'Ouest et l'Est — le plus important depuis la Guerre froide. Des investissements étrangers élevés permettront à l'Occident de contrôler l'industrie agricole de l'Ukraine, indiquent les analystes, rappelant que la protection des investissements dans le secteur agricole de l'Ukraine était un point important de l'accord d'intégration avec l'UE.

L'hebdomadaire se réfère à l'Institut Auckland pour rapporter une forte activité des groupes occidentaux dans l'industrie agricole de l'Ukraine. Parmi les sociétés intéressées par les terres ukrainiennes on retrouve des géants tels que Monsanto, Cargill et DuPont.

"Les sociétés étrangères ont tellement augmenté leurs investissements en Ukraine qu'on pourrait penser que l'agriculture du pays est passée sous le contrôle des groupes occidentaux", affirme Frederick Musso, directeur de l'Institut Auckland. "Tous les aspects de la chaîne d'approvisionnement agricole de l'Ukraine — de la production agricole à l'exportation des marchandises — sont de plus en plus contrôlés par les sociétés occidentales", écrit Musso.

L'Ukraine est le troisième fournisseur mondial de maïs et le septième fournisseur de blé. Les céréales ukrainiennes sont vendues en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Au total, les terres fertiles d'Ukraine représentent environ un tiers de toutes les terres cultivables de l'UE — soit 32 millions d'hectares, sachant qu'environ 1,7 million d'hectares des biens agricoles appartiennent déjà de facto aux étrangers, rapporte Die Zeit.

"Les organisations financières comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international soutiennent les intérêts du capital par leur politique. L'accord d'association avec l'UE implique que l'Ukraine ne fermera pas son secteur agricole aux investissements étrangers", affirme Musso.

L'économiste américain Paul Craig Roberts avait déjà annoncé sur Russia Today que la compagnie américaine Monsanto, critiquée pour l'usage de graines génétiquement modifiées, s'intéressait directement aux terrains ukrainiens. La plupart de pays de l'UE interdisent la culture de blés OGM, mais pas l'Ukraine. "Si Monsanto commençait à cultiver des OGM en Ukraine, elle pourrait fournit en Russie et en Europe des produits alimentaires moins verts, évinçant du marché les producteurs locaux", indiquait l'expert.

"En réalité, il ne reste plus rien en Ukraine hormis un peu de main d'œuvre qualifiée, dont une partie a déjà quitté le pays, et les ressources en termes de terres végétales. Deux camps s'affrontent pour ces terres: d'un côté les Chinois, qui importent activement d'Ukraine des céréales, des cultures oléagineuses, et de l'autre les compagnies européennes qui ont besoin de terres végétales pour cultiver des plantes énergétiques et du biocarburant. C'est la ressource qui est censée permettre à l'Ukraine de survivre. Nul ne veut savoir que le pays devra renoncer à ses terres", explique Andreï Souzdaltsev, doyen adjoint de la faculté d'économie et de politique mondiales du Haut collège d'économie.

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Tags:
OGM, agriculture, Ukraine
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