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    John Kerry (à gauche), le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond (au centre) et Laurent Fabius

    Paris met en échec la signature d'un accord nucléaire avec l'Iran

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    Après un nouveau cycle de négociations intenses sur le programme nucléaire iranien à Lausanne, les ministres des Affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne, ainsi que le secrétaire d’État américain John Kerry se sont rencontrés à Londres, écrit lundi 23 mars le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Bien que les Six et Téhéran se soient rapprochés d'un consensus, certaines questions restent encore en suspens. La France a, soudainement, adopté une position intransigeante vis-à-vis de l'Iran. Il reste un peu plus d'une semaine jusqu'à la signature d'un accord politique et ni les USA ni l'UE ne veulent manquer cette "opportunité historique".

    Les débats sur le programme nucléaire iranien durent depuis près de 12 ans. Les six médiateurs internationaux (Royaume-Uni, USA, France, Russie, Chine et Allemagne) cherchent à persuader l'Iran de limiter son programme nucléaire en échange de l'annulation des sanctions économiques qui pèsent contre Téhéran. Les parties doivent trouver un terrain d'entente avant la date d'échéance (jusqu'au 31 mars pour un accord politique, et jusqu'au 30 juin pour un accord détaillé définitif).

    Le dernier cycle de négociations avec la participation de l'UE s'est déroulé du 18 au 20 mars à Lausanne. Et samedi, les ministres des Affaires étrangères de France, du Royaume-Uni et d'Allemagne, ainsi que le secrétaire d'État américain John Kerry, se sont rencontrés dans la capitale britannique. La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a également participé aux pourparlers.

    Les participants à la rencontre de Londres ont reconnu qu'il restait à régler des nuances dans les négociations avec Téhéran. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a été le plus critique: "La France souhaite un accord mais un accord robuste, c'est-à-dire qui garantisse vraiment que l'Iran aura accès au nucléaire civil mais pas à la bombe atomique". Tandis que les USA prônent une annulation progressive des sanctions anti-iraniennes au fur et à mesure que Téhéran remplira les conditions de l'accord, Paris est persuadé que les restrictions doivent être maintenues plus longtemps. Une chose est sûre: la signature d'un accord global ne conduira pas à la levée automatique des sanctions, comme le souhaite l'Iran, étant donné que l'annulation des restrictions est un long processus.

    De plus, Paris et Washington ne sont pas d'accord sur les délais de l'accord global, plus précisément sur la durée pendant laquelle le contrôle du programme nucléaire supervisé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sera effectué sans changements qualitatifs ou quantitatifs de l'infrastructure nucléaire iranienne. La France insiste pour que ce contrôle dure au moins 15 ans, alors que les USA parlent de 10 ans. Sachant que dans les cinq prochaines années, Washington est prêt à autoriser les Iraniens à remplacer les anciennes centrifugeuses, à en lancer de nouvelles, etc.

    Enfin, des divergences sont apparues au sujet du nombre de centrifugeuses autorisées pour l'Iran. Les Américains acceptent d'en laisser entre 6 000 et 6 500. Mais la France s'y oppose.

    "Des positions communes ont été trouvées dans certains domaines durant ce dernier cycle de négociations, ce qui peut servir de base pour un accord définitif. Les sanctions et les menaces sont inutiles. C'est une nouvelle ère de coopération qui doit devenir un objectif", conclut le président iranien Hassan Rohani.

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    Tags:
    nucléaire, États-Unis, Iran, France
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