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    Manifestation à l'occasion de l'anniversaire des protestations de 2014

    Les USA prennent peur à l'approche des élections à Taïwan

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    Aujourd'hui, les USA ont besoin de tout sauf de problèmes entre Taïwan et la Chine, écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    C'est pourquoi Washington s'est ouvertement ingéré dans la lutte préélectorale sur l'île, du côté du gouvernement. L'ex-chef de l'ambassade non-officielle des USA a exigé que le Parti démocrate progressiste (PDP) d'opposition respecte l'accord de 1992 sur le statut de Taïwan avec Pékin. Le PDP, dont le candidat pourrait remporter l'élection présidentielle, critique justement ce texte. Pékin menace d'employer la force si Taipei proclamait son indépendance. La Maison blanche craint d'être impliquée dans ce conflit.

    La situation dans le détroit de Taïwan est actuellement calme mais le conflit entre les deux parties est gelé, pas réglé. La Chine considère l'île comme sa province séparée et a déclaré à plusieurs reprises qu'elle pourrait faire usage de la force si Taïwan proclamait son indépendance. Le 4 mars, le président chinois Xi Jinping a confirmé cette position de Pékin.

    Crimée, Bakhtchissaraï
    © Sputnik . Konstantin Chalabov
    La présidentielle taïwanaise se tiendra en janvier 2016, qui pourrait être remportée par la candidate du PDP, Tsai Ing-wen. Les habitants de l'île ne soutiennent plus le parti Kuomintang et le président Ma Ying-jeou élu en 2012. Les Taïwanais craignent en effet que les entreprises chinoises profitent des concessions du président et de son gouvernement pour aspirer l'économie taïwanaise. Des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue il y a un an et des étudiants avaient même occupé le bâtiment de l'organisme législatif de Taipei. Le parti Kuomintang avait ensuite connu aux législatives sa plus grande défaite depuis 1949, quand il s'était réfugié sur l'île de Taïwan après avoir perdu la guerre civile contre les communistes.

    Dans cette atmosphère tendue à l'approche de l'élection, la reconnaissance de l'accord de 1992 commence à jouer un rôle clé. Ce texte, signé par les représentants semi-officiels des deux parties, stipule qu'il n'existe qu'une seule Chine. Mais chacune des parties avançait sa propre interprétation. En ignorant les avertissements de Pékin, la leader de l'opposition déclarait que ce consensus ne représentait qu'une bonne intention de Kuomintang. Alors que la Chine ne l'a pas officiellement reconnu.

    Et cette position évasive de l'éventuel futur président de Taïwan rend nerveux les stratèges américains de la politique asiatique. Washington n'est pas contraint formellement de protéger Taipei par la force militaire. Mais sa perte et adhésion à la Chine serait un échec cuisant de la stratégie américaine en Extrême-Orient. C'est pourquoi Washington a décidé de s'ingérer directement dans la polémique préélectorale à Taïwan, en omettant les nuances diplomatiques. Barbara Schrage, ex-chef de l'établissement faisant office d'ambassade des USA à Taïwan, a exigé du PDP d'éclairer sa politique vis-à-vis de la Chine. Elle a ajouté que le PDP ne devait pas fuir la reconnaissance du consensus et chercher des solutions pour réduire les différends avec Pékin.

    On ignore si Tsai Ing-wen a entendu les recommandations américaines. Quoi qu'il en soit, elle a promis, sans évoquer directement le texte de 1992, que son parti travaillerait pour préserver le statu quo entre Taïwan et le continent en cas de victoire à l'élection. Cette affirmation est peu susceptible, à elle seule, de satisfaire Pékin.

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    Tags:
    Parti démocrate progressiste (PDP), Kuomintang, Ma Ying-jeou, Tsai Ing-wen, Taïwan, Chine, États-Unis
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