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    Négociations à Lausanne

    Nucléaire iranien: la fin de la confrontation

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    Les six médiateurs internationaux et Téhéran ont fait un pas décisif vers un accord politique sur le programme nucléaire iranien, écrit mercredi 1er avril le quotidien Kommersant.

    Les négociations à Lausanne se sont poursuivies jusqu'à très tard dans la nuit du 31 mars, date limite impartie par les rencontres internationales précédentes. Les diplomates et les experts sont unanimes: la confrontation entre l'Iran et la communauté internationale touche à sa fin, après plusieurs décennies de statu quo. Le retour de l'Iran sur la scène politique et économique mondiale, attendu dans les mois à venir, offre à la Russie de nouvelles opportunités — qui comportent toutefois de nouveaux risques.

    Téhéran et les Six (USA, Russie, France, Royaume-Uni, Chine et Allemagne) s'étaient donné jusqu'au 31 mars pour parvenir à un accord politique sur le programme nucléaire iranien. En cas de succès, les parties avaient déjà convenu d'arriver à un accord global d'ici le 31 juillet 2015 prévoyant de régler tous les détails techniques de cette "affaire nucléaire du siècle".

    Les détails des négociations n'ont pas filtré mais les parties ont laissé entendre qu'elles feraient le maximum pour lever les différends. "Nous espérons parvenir à un accord acceptable", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel dans une conférence de presse conjointe avec le président français François Hollande à Berlin.

    "Les négociations entre l'Iran et les Six ont tenu le monde en haleine jusqu'au dernier moment, mais peu redoutaient un échec après autant d'efforts. Le déblocage du problème nucléaire, qui semble imminent, serait une grande victoire pour Moscou sans qui les négociations n'auraient jamais commencé. A diverses étapes de négociations, la Russie a influé non seulement sur la position iranienne, mais aussi sur l'approche des USA qui ont perdu avec le temps leur intransigeance et intolérance", déclare Sergueï Batsanov, membre du Mouvement Pugwash qui s'occupe depuis plus de trente ans des questions de non-prolifération nucléaire.

    Quel impact pourrait avoir le règlement du problème nucléaire iranien sur la Russie? Les diplomates et les experts sont convaincus qu'en dépit d'une éventuelle baisse des cours mondiaux du pétrole après la levée des sanctions contre l'Iran, Moscou sera gagnant sur le long terme. "Premièrement, dans les nouvelles conditions, la Russie pourrait bien plus activement développer la coopération commerciale, économique et militaro-technique avec l'Iran. Deuxièmement, la levée du statut iranien d'État voyou rendra possible la participation de l'Iran au règlement de problèmes de sécurité en Afghanistan et au Moyen-Orient, où les intérêts de la Russie et de l'Iran sont proches", explique Vladimir Sotnikov, expert du Centre de sécurité internationale à l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales de Moscou (IMEMO) affilié à l'Académie des sciences de Russie.

    "Après le règlement de la crise nucléaire iranienne, la Russie pourrait se lancer dans la réalisation d'importants projets d'infrastructure en Iran, la construction de la centrale nucléaire Bouchehr 2 et intensifier le commerce d'armements frappé par les sanctions. D'ici deux ans le montant des contrats potentiels pour Moscou pourrait s'élever à au moins 20 milliards de dollars", explique Andreï Fedorov, ancien vice-premier ministre russes des Affaires étrangères et directeur du Centre d'études politiques. Selon lui, le travail effectué pourrait également établir un précédent pour régler le problème nucléaire nord-coréen et reprendre les négociations sur la transformation de la péninsule de Corée en zone dénucléarisée.

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