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De nombreuses sociétés scandinaves offrent à leurs employées un large éventail de privilèges – de la voiture de fonction au remboursement de l'abonnement sportif, écrit vendredi 3 mars le quotidien Novye Izvestia.

Mais un "service" peu commun est de plus en plus sollicité, constatent les entreprises qui aident d'autres sociétés à établir la liste des privilèges sociaux pour leur personnel: les compagnies proposent à leurs collaboratrices qui placent la carrière au-dessus de la famille et des enfants de congeler leurs ovaires.

Ce service coûte plus de 3 000 euros, c'est pourquoi certaines femmes en âge de procréer acceptent volontiers d'y recourir. Les statistiques sont formelles: ce service est très sollicité et la demande est à l'augmentation. En Suède, au Danemark et en Norvège, l'âge moyen des femmes lors de l'arrivée du premier enfant approche de la trentaine. Cette moyenne d'âge est encore plus élevée dans les capitales scandinaves. Les femmes de Stockholm, d'Oslo et de Copenhague deviennent le plus souvent mères à 32 ans. Alors qu'il y a quarante ans, les femmes scandinaves tombaient enceintes pour la première fois à 24-25 ans.

La fertilité des femmes décroît rapidement après trente ans et la population féminine des pays scandinaves doit lutter contre ce problème. Pratiquement un tiers des femmes qui accouchent pour la première fois, selon les sondages, ont une recours à une forme de stimulation. Le plus souvent, il s'agit d'une thérapie hormonale dont les conséquences ne sont pas sans danger pour la santé.

Qu'est-ce qui pousse les Norvégiennes, les Suédoises et les Danoises à reporter la naissance d'un enfant? Après tout, les pays scandinaves disposent d'un système d'aide sociale pour les jeunes mamans parmi les plus développés du monde. Les congés de maternité payés s'élèvent à pratiquement 18 mois, sachant que plusieurs mois prévus pour prendre soin de l'enfant sont réservés au père. L'État fournit une aide au logement pour les familles à faibles revenus ayant des enfants de moins de 16 ans. La loi assure des places disponibles pour tout le monde dans les écoles maternelles. Sachant que les frais sont symboliques.

Les critiques de cette nouvelle "prestation sociale" affirment que les sociétés manipulent cyniquement leurs collaboratrices en les poussant à reporter la naissance d'un enfant pour garder leur personnel. Mais de nombreux opposants à ce "nouveau piège pour femmes" reconnaissent tout de même qu'il n'existe pas de causes sociales réelles faisant renoncer les jeunes Scandinaves à la naissance d'un enfant à l'âge de procréer. La volonté de vivre pour son propre plaisir ou les ambitions professionnelles ne peuvent pas être considérées comme telles. Cela concerne également le spectre des métiers où sont réduites à néant toutes les restrictions de genre (les Scandinaves peuvent même servir dans les forces spéciales, être pompier ou pilote de chasse).

Pratiquement la moitié des membres du gouvernement du Danemark, de la Norvège et de la Suède sont des femmes. Leur part dans la direction de grandes entreprises avoisine 50%. Par exemple, en Norvège, la loi établit même un quota 50/50 de femmes dans les compagnies à participation publique.

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Tags:
Scandinavie, Suède, Norvège, Danemark, santé, famille
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