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Plus de 800 000 enfants ont dû fuir le Nigeria à cause des attaques du groupe extrémiste Boko Haram au nord-est du pays, d'après un rapport de l'Unicef publié un an après l'enlèvement d'écolières à Chibok, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Les experts du Fonds des Nations unies pour l'enfance précisent qu'il ne s'agit que de l'un des nombreux cas de violence des extrémistes sur des enfants: ils tuent régulièrement des mineurs, les forcent à se marier ou les transforment en kamikazes.

En avril 2014, des extrémistes kidnappaient 276 étudiantes chrétiennes de Chibok. Le leader de Boko Haram avait proposé à l'époque au gouvernement d'échanger les fillettes contre des terroristes prisonniers, mais les autorités nigérianes avaient refusé. Au final, une partie des écolières ont pu rejoindre leur famille, mais plus de 200 fillettes sont toujours détenues en otage. Les extrémistes continuent de bombarder et de brûler des villages entiers, de détruire des maisons et des écoles, de tuer et d'enlever des habitants. Le nombre de réfugiés au Nigeria a pratiquement doublé: selon l'Unicef, en un an, près de 1,5 million de personnes ont quitté leur foyer, dont 800 000 enfants. 1,2 million de Nigérians ont trouvé un asile dans le pays, et près de 300 000 ont fui dans les pays voisins. A l'heure actuelle, 100 000 réfugiés sont partis au Niger, plus de 41 000 au Tchad et 146 000 au Cameroun.

De nombreux mineurs continuent de quitter leur foyer en solitaire: les parents sont souvent victimes d'attaques extrémistes (le rapport mentionne 7 300 Nigérians tués par des islamistes rien qu'en 2014) ou d'enlèvements. Le rapport cite des témoignages d'enfants ayant eux-mêmes quitté le pays. "J'ai fui quand j'ai vu des gens se faire tuer dans mon quartier, c'est ça, et non les fusillades, qui m'a effrayé le plus. Aujourd'hui je suis inquiet pour mes parents, on m'a dit que ma famille avait été tuée, mais je ne pense pas qu'ils soient tous morts. Certains doivent être encore en vie aujourd'hui", déclare un adolescent de 15 ans qui s'est réfugié au Tchad.

Selon les experts, les enfants souffrent surtout des violences physiques et psychologiques commises par les extrémistes au Nigeria: "Des enfants sont tués, kidnappés, on leur donne des armes et on les implique dans le combat au sein de l'organisation, on les pousse même à devenir des kamikazes, on les utilise comme bombes humaines. En mars, une fillette de 10 ans a actionné un dispositif explosif autour de son corps sur un marché de Maiduguri, faisant 16 morts. Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, est la principale cible de Boko Haram.

Le président nigérian récemment élu, Muhammadu Buhari, a promis de combattre le groupe radical sunnite. L'Unicef mène une vaste campagne pour la réhabilitation psychologique des enfants nigérians touchés et crée des écoles directement dans les camps de réfugiés. Les auteurs du rapport ont appelé la communauté internationale à apporter un soutien financier à cette campagne. Selon le rapport, 60 000 enfants ont bénéficié d'une assistance psychologique dans les quatre pays impliqués dans le conflit (45 000 au Nigeria, plus de 4 500 au Cameroun, près de 10 000 au Niger et près de 700 au Tchad). L'Unicef assure également une nutrition supplémentaire pour 8 000 enfants au Nigeria et au Niger qui souffrent de dénutrition.

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Tags:
enfants, Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance), Boko Haram, Nigeria
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