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L'Etat islamique (2014) (1131)
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Un double attentat a été perpétré à Jalalabad en Afghanistan, faisant des dizaines de victimes, écrit lundi 20 avril le quotidien Kommersant.

Pour la première fois dans ce pays, cette attaque a été revendiquée par l'État islamique, dont les principales forces sont concentrées en Irak et en Syrie. Selon les experts interrogés, l'arrivée de l'EI en Afghanistan pourrait foncièrement changer la situation en Asie centrale: le projet d'un "djihad global", auquel adhèrent les radicaux des régions voisines, est la nouvelle "version" du mouvement des talibans. Au final, la Russie et ses partenaires de la CEI pourraient être confrontés à une menace bien plus sérieuse.

Un kamikaze s'est fait exploser samedi devant l'entrée de la Bank of Kabul, où attendait une file de clients. Puis un autre a agi devant une mosquée locale. Au moins 37 personnes ont été tuées et plus de 100 blessées. Bien que les attentats en Afghanistan et au Pakistan soient monnaie courante, ces explosions à Jalalabad sont particulières: pour la première fois, de tels actes ont été revendiqués par l'État islamique. Alors que les talibans ont condamné ces attentats.

"Jusqu'à présent on estimait que les deux belligérants en Afghanistan étaient le gouvernement central de Kaboul et les talibans. Bien que la troisième force, l'EI, ne soit pas apparue hier en Afghanistan, l'ex-président Hamid Karzaï niait obstinément son existence", explique Ivan Safrantchouk, rédacteur en chef du magazine Grand jeu: la politique, les affaires et la sécurité en Asie centrale. Selon lui l'attitude de Kaboul vis-à-vis de la pénétration, dans le pays, de combattants et de l'idéologie de l'EI a foncièrement changé depuis l'élection d'Ashraf Ghani à la présidence en septembre dernier. "Lors de sa visite à Washington fin mars il n'a pas caché la présence de l'EI en Afghanistan et l'a même souligné. Dans ces conditions, ce facteur a été un argument de poids de Barack Obama pour décider de maintenir un contingent plus important que prévu", explique Ivan Safrantchouk.

Islamistes
© AP Photo / Edlib News Network ENN
Et de poursuivre: "Théoriquement, le projet des talibans et celui de l'EI en Afghanistan ne devraient pas être concurrents, mais complémentaires. Or dans les faits on constate pour l'instant une absence de coordination. Il n'est pas étonnant que les talibans se soient distancés des attentats de Jalalabad", pense Ivan Safrantchouk. Selon ce dernier, à terme le projet des talibans pourrait subir une transformation: les talibans modérés intégreront le processus politique et la partie radicale rejoindra l'EI, qui deviendra un défi non seulement pour l'Asie centrale mais aussi les États d'Asie du Sud comme le Pakistan, l'Inde et le Bangladesh.

De plus, le reformatage du projet taliban en Afghanistan et au Pakistan, qui s'accélère et se transforme en projet global sous l'égide de l'EI, contient les germes d'une menace complètement nouvelle pour la Russie ainsi que pour ses partenaires de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Le terrorisme international s'approche des frontières de la CEI.

Dossier:
L'Etat islamique (2014) (1131)

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Etat islamique, Barack Obama, Pakistan, Asie centrale, Afghanistan, Russie
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